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RDC : forces de sécurité parmi les présumés auteurs de crime contre l’humanité au Kasaï

Publié le : 29 June, 2018 à 9 h 00 min


Kananga, le 27 juin 2018 – Des forces de sécurité de la RDC sont pointées du doigt parmi les présumés auteurs de crime contre l’humanité et crime de guerre commis contre des populations civiles dans l’espace kasaïen depuis 2016. Des Experts de l’ONU ayant enquêté sur ces atrocités accusent également des milices locales. Des voix s’élèvent pour que ces auteurs  de ces crimes imprescriptibles répondent de leurs actes devant la justice internationale.

En effet, le bilan des affrontements entre les miliciens Kamuina Nsapu et les forces de sécurité, soutenues selon le rapport par les milices Bana Mura, est de plus de 3 000 morts et 1,4 million de déplacés.

« Certaines des exactions commises par les forces de défense et de sécurité, les milices Bana Mura et la milice Kamuina Nsapu constituent des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre, ainsi que des violations et des atteintes aux droits de l’homme », rapportent les enquêteurs de l’ONU qui citent des actes de meurtre, viol, réduction en esclavage, notamment sexuel, persécutions et autres actes inhumains.

Ces attaques, affirment – ils, ont été menées contre les populations civiles avec un caractère généralisé ou systématique, et dans la poursuite de la politique d’un Etat ou d’une organisation ayant pour but une telle attaque.

« Il est urgent de mettre en place une politique de désarmement des milices et un processus de réconciliation afin d’éviter une nouvelle vague de violences et permettre le retour des déplacés et réfugiés », ont indiqué les enquêteurs de l’ONU qui ont été mandatés en juin 2017, pour une période d’un an, par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

S’ils ont été autorisés à se rendre en RDC pour enquêter, ils déplorent cependant qu’un « très sérieux problème d’impunité subsiste au regard de l’ampleur et de la gravité des crimes commis ».

Ce rapport sera présenté devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 3 juillet 2018.

Des activistes des droits de l’homme estiment que ce rapport rédigé sur base des témoignages de 524 victimes, témoins et auteurs présumés, et l’examen des photos et des vidéos est nécessaire pour permettre aux instances habilitées d’enclencher des poursuites contre ces trois types d’auteurs présumés (à savoir : l’armée congolaise, la milice Bana Mura et la milice Kamuina Nsapu), y compris les plus hauts responsables, de ces actes de violence d’un niveau extrêmement élevé.

Pour rappel, la région du Kasaï a été le théâtre en 2016-2017 d’un violent conflit qui a débuté après la mort le 12 août 2016 du chef traditionnel Kamuina Nsapu.

SYC