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RDC : la prorogation du mandat de la MONUSCO au 31 mars 2019 saluée par la société civile

Publié le : 28 March, 2018 à 17 h 22 min


Lubumbashi, le 28 mars 2018 – Justicia Asbl a salué l’adoption à l’unanimité la résolution 2409/2018 par le Conseil de sécurité lors de sa 8216ième session prorogeant au 31 mars 2019 le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation de la Rd Congo. Dans un communiqué officiel, elle se félicite de ce nouveau mandat de la MONUSCO avec comme priorités stratégiques d’assurer la protection des civils et d’appuyer la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 et du processus électoral.

En effet, en matière de protection des civils, les priorités sont notamment d’assurer une « protection efficace, dynamique et intégrée » des civils menacés de violences physiques dans le cadre d’une « approche globale », notamment en dissuadant et en empêchant tous les groupes armés et toutes les milices locales de commettre des violences contre la population ou en intervenant pour y mettre fin.

Ainsi, la résolution proroge également « à titre exceptionnel et sans créer de précédent ni remettre en cause les principes convenus régissant les opérations de maintien de la paix », le mandat de la Brigade d’intervention de la Mission chargée de « neutraliser les groupes armés ».

Justicia Asbl trouve très important que le Conseil de sécurité ait demandé au Gouvernement congolais d’appliquer immédiatement l’intégralité des mesures de décrispation, conformément aux dispositions de l’Accord de la saint sylvestre notamment en mettant un terme aux restrictions de l’espace politique, en particulier aux arrestations et aux détentions arbitraires des membres de l’opposition politique et des représentants de la société civile ainsi qu’aux restrictions imposées aux libertés fondamentales telles que la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de la presse et le droit de réunion pacifique.

Il en en de même des préoccupations soulevées par le Conseil de sécurité quant aux informations faisant état de la recrudescence des violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire et des atteintes à ces droits commises par des membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de l’Agence nationale de renseignements, de la Garde républicaine et de la Police nationale congolaise, y compris contre des membres de l’opposition et des représentants de la société civile dans le cadre du processus électoral.

Dans ladite Résolution, le Conseil de sécurité condamne fermement, conformément à la législation nationale, le meurtre de civils par des acteurs étatiques et non étatiques et l’emploi disproportionné de la force par des éléments des forces de sécurité, notamment lors de manifestations pacifiques, en soulignant qu’il importe de libérer toutes les personnes détenues arbitrairement, y compris les défenseurs des droits de l’homme et les personnes de diverses affiliations politiques.

Justicia Asbl, qui a toujours dénoncé les tensions politiques préméditées, les violations des droits de l’homme liées au processus électoral, de même que l’impunité dont jouissent de nombreux acteurs étatiques pendant cette période, se réjouit d’une part du rappel fait au gouvernement congolais de son obligation de respecter les droits de l’homme et de s’abstenir d’utiliser la force de manière disproportionnée et de l’éventualité des sanctions ciblées en vertu des alinéas d) et e) du paragraphe 7 de sa résolution 2293/2016 en cas notamment de violations des droits de l’homme ou d’atteintes à ces droits ou de violations du droit international humanitaire. Et d’autres parts, elle regrette que le conseil de sécurité ne soit pas prononcé clairement sur le financement des élections avec l’implication effective d’autres bailleurs des fonds.

Faisant siennes les recommandations du Conseil de sécurité, Justicia Asbl demande aussi ardemment aux autorités congolaises de de respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, en particulier le droit de réunion pacifique, de lever sans ambages l’interdiction illégale et globale de manifester et de faire preuve de la plus grande retenue et de l’usage disproportionné de la force dans leur réaction aux manifestations ; de même que de cesser avec les mauvaises pratiques d’instrumentalisation des forces d sécurité et de l’appareil judiciaire pour museler l’opposition politique et les défenseurs des droits humains.

SYC