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RDC : L’ASADHO dénonce à l’interférence du Gouvernement dans l’administration de la justice

Publié le : 25 April, 2017 à 16 h 16 min


(Kinshasa, le 25 Avril 2017) – L’Association Africaine de défense des Droits de l’Homme (ASADHO) est très préoccupée par les immixtions à répétition du Gouvernement de la République Démocratique du Congo dans l’administration de la justice.

En effet, au courant du mois de février 2017, une Commission constituée des hauts magistrats militaires a été mise en place pour clarifier les massacres des populations civiles survenus  dans les provinces du  Kasaï Central et du Kasaï Oriental.

Lors d’une interview accordée à la Radio Okapi, Monsieur Lambert MENDE,  Porte-Parole du Gouvernement Congolais, avait lancé un appel à témoin, en disant que « Quiconque à Mbuji Mayi ou à Kananga a été témoin ou victime des faits…. est appelé à les dénoncer auprès des Auditeurs  Supérieurs près des Cours Supérieures Militaires de Kananga et de Mbuji Mayi pour aider à la manifestation de la vérité».

Contre toute attente et en violation du secret de l’instruction préparatoire devant le Parquet/Auditorat et du principe de la présomption d’innocence des personnes mises en cause consacré par l’article 17 de la Constitution, le lundi 24 avril 2017, le Ministre des Médias, Monsieur Lambert MENDE a divulgué la vidéo d’assassinat de deux experts de l’ONU par des individus qualifiés de « miliciens de Kamuina Nsapu ».

Le fait que Cette vidéo qui devrait être mise à la disposition de la justice militaire conformément au principes indiqués ci-dessus  soit commentée et rendue publique par un membre du Gouvernement qui n’est pas membre du pouvoir judiciaire, décrédibilise l’enquête judiciaire en cours.

Face à cette réalité, l’ASADHO qui s’interroge sur la détention d’une pièce du dossier judiciaire en instruction par un membre du Gouvernement, estime que cette vidéo est diffusée dans le but de manipuler et d’orienter la justice militaire vers une seule piste et l’opinion publique vers la culpabilité des « miliciens de Kamuina Nsapu».

Cette immixtion de l’exécutif dans l’administration de la justice est une véritable obstruction à la conduite des enquêtes indépendantes et à la manifestation de la vérité.

D’où la nécessité de mettre en place une commission indépendante pour clarifier les massacres perpétrés dans les provinces  du Kasaï-Central et Kasaï-Oriental, y compris, l’assassinat des experts de l’ONU, et d’établir la responsabilité de tout individu impliqué de loin ou de près dans cette affaire.

Face à ce qui précède, l’ASADHO recommande :

Au Président de la République de :

  • Interdire au Ministre Lambert MENDE de s’immiscer dans l’administration de la justice relativement aux massacres survenus dans les provinces du Kasaï Central et du Kasaï Oriental ;
  • Veiller à ce que la justice soit administrée conformément à la Constitution et aux lois de la République ;
  • Mettre en place une Commission indépendante pour enquêter sur les massacres perpétrés dans les provinces du Kasaï Central et du Kasaï Oriental ;

Au Conseil de de Sécurité de l’ONU de :

  • Continuer les pourparlers avec la République Démocratique du Congo pour la mise en place d’une commission indépendante devant enquêter sur les massacres perpétrés dans les provinces  du Kasaï Central et du Kasaï Oriental ;
  • Demander à la MONUSCO d’appuyer techniquement la République Démocratique du  Congo dans la mise en place de ladite commission.

Maître Jean Claude KATENDE

Président National/ASADHO