RDC : L’ASADHO dénonce l’instrumentalisation des forces de sécurité pour des fins politiques

(Kinshasa, le 30 novembre 2016) – L’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle,  est très préoccupée par l’impunité  des actes d’atteintes aux droits fondamentaux garantis aux partis politiques et  membres de l’opposition politique commis  par les  éléments des forces de sécurité de la République Démocratique du Congo.

« En effet, en date du 19/11/2016 aux environs de 5 heures du matin,  15 éléments de la Police Nationale Congolaise(PNC) et des Forces Armées de la République Démocratique du Congo(FARDC), embarquées dans la Jeep de marque Toyota, plaque d’Immatriculation CGO 1234AH0, non muni de mandat, ont  fait irruption au siège de la fédération de l’UDPS/Haut Katanga sis en face du Moulin d’Or, au numéro 264 de l‘avenue Route de Kipushi, quartier Upemba, commune de la Katuba dans la ville de Lubumbashi », a constaté l’ASADHO dans son communiqué publié ce jour.

Selon l’ONG, ces éléments de la Police et de l’armée y ont procédé à l’arrestation de cinq militants membres de ce parti trouvés sur place. Il s’agit de :  Ilunga Kabamba (35 ans, marié et père de 3 enfants) ;  Kabwe Kalweji (36 ans, marié et  père de 2 enfants) ; Jacques Daly (33 ans marié et père de 4 enfants) ; Tshibangu (35 ans, marié et père d’un enfant) ; Ngalula Tshilemba (mariée et âgée de 36 ans).

« Cinq autres femmes, locataires, dans la même parcelle qui abrite la permanence de ce parti politique ont été aussi arrêtées et embarquées dans la même jeep pour les  installations de la police criminelle.

Les mêmes éléments sont passés les environs de la permanence de l’UDPS et ont procédé à l’arrestation de cinquante-cinq habitants de ce quartier dont quinze enfants, dix femmes et trente hommes. Et ce, afin de dissuader les militants et sympathisants de partis politiques membres du rassemblement de partis de l’opposition politique à se mobiliser pour répondre au meeting programmé par ce regroupement politique », révèle le communiqué.

Selon des sources de l’ASADHO, cent cinquante (150) autres personnes ont été interpellées avant d’être arrêtées pour le simple motif qu’ils portaient les habits de couleur jaune équivalant au carton jaune destiné au chef de l‘Etat comme avertissement  pour la fin de son mandat. Cent quarante-cinq d’entre eux ont dû payer entre mains de l’OPJ KATAMBWA, la somme de 20.000 FC pour les non membres de l’UDPS et 100.000FCS pour les militants de l’UDPS non couverte de reçu.

Et de préciser : « Les cinq militants de l’UDPS ont été relâchés, en date du 22 novembre 2016, après le passage du Haut Responsable des Droits de l’Homme de l’ONU et moyennant le paiement de 100.000FC par personne pour recouvrer leur liberté. Ces personnes privées de leur liberté pendant 4 jours, ont été soumises à la torture et au mauvais traitement ».

Les autorités de la justice militaire saisies de ces actes de torture commis par les  policiers et militaires  sont restées indifférentes. Attitude qui assure l’impunité aux services de sécurités et les encourage dans les violations à répétition des Droits Humains en RDC.

« Au Président de la République de veiller l’apolitisme et la neutralité des forces de sécurité publique ; et de Garantir le respect des droits fondamentaux reconnus aux partis politiques de l’opposition dans la Constitution  par les membres des forces de sécurité », recommande  l’ASADHO.

A l’Auditeur Militaire Supérieur, elle préconise l’ouvrir des poursuites judiciaires à charge de l’OPJ KATAMBWA, policiers et militaires susmentionnés  afin qu’ils répondent de leurs actes.

SYC

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