RDC : Le CEFOP/DH dénonce la disparition de 3 Agents électoraux à Tshilenge et exige une enquête urgente !

Mbuji-Mayi, le 29 juin 2017   – Le Centre d’Etudes et de Formation Populaire pour les Droits de l’Homme  en sigle CEFOP/DH, est vivement consterné par la disparition des trois  agents temporaires de la CENI commis au Centre d’inscription de Dinsanga, dans  village de Bena Ngoyi, groupement de bena Tshiswaka, territoire de Tshilenge depuis le 4 juin 2017 de suite d’une incursion des présumés miliciens du Chef Kamuina Nsapu dans lesdits. 

En effet, alors  que la CENI a recruté et  déployé, à travers les différentes localités de la province du Kasaï – Oriental, les agents temporaires chargés de conduire les  opérations d’identification et enrôlement des électeurs sur toute l’étendue de la province du Kasaï – Oriental depuis le 30 avril 2017.

Cependant, plus d’un mois après le début de ces opérations dans les villages, territoires et la ville de Mbujimayi dans la province du Kasaï – oriental,  soit  en date du 04 juin 2017, il a été enregistré  la disparition  de  Trois agents temporaires  de la CENI  de suite d’une incursion des présumés miliciens du Chef Kamuina Nsapu. Il s’agit de : Mr KADIMA BUKASA Junias, KALONJI MUKEBA Damien,  MUYA MUYA Hervé respectivement Préposé Polyvalent, Préposé à l’Indentification et Opérateur de saisie, bientôt 16 jours échus (le 20 Juin 2017).

Comme il convient de souligner, cette disparition des agents temporaires de la CENI,  non seulement dénote un dispositif sécuritaire faible mis à la portée des agents temporaires de la CENI commis dans les différents Centres d’inscription installés à travers les villages et territoires de la province du Kasaï Oriental menacés par la situation d’insécurité à la suite du phénomène Kamina Nsapu  ainsi qu’aux différents matériels déployés dans lesdits centres mais aussi d’une faible politique sécuritaire préventive/proactive en violation des prescriptions  de l’article 182  de la Constitution de la RDC du 18 février telle que modifié par la Loi n°11/002 du 20 janvier en vigueur, et  constituent, en même temps, une menace criante aux processus électorale en cours en République Démocratique du Congo.

Partant, le Centre d’Etudes et de Formation Populaire pour les Droits de l’Homme CEFOP/DH en sigle, condamne d’une part, les différentes formes d’atteintes à la vie des agents de la CENI disparus et d’autres part les différentes formes d’atteints aux droits  individuels et politiques des populations du Kasaï – Oriental en général et celles du village du village de Bena Ngoyi, groupement de bena Tshiswaka, territoire de Tshilenge en particulier. Et en appel à la responsabilité du pouvoir public dans la protection et le respect de  droits garantis à la personne humaine en général et  des agents de  la CENI.

Ainsi, il recommande:

Au Gouvernement provincial : 

  • De sécuriser et protéger, à travers un dispositif sécuritaire adéquat, la population du Kasaï – Oriental en général et spécifiquement des agents temporaires et matériels de la CENI déployés dans les différents Centre d’identification et d’enrôlement des électeurs,  et, en même temps le processus électoral en cours en RDC ;
  • De promouvoir la résolution pacifique de conflit en favorisant l’ouverture d’un dialogue constructif avec tous les acteurs actifs dans la gestion du phénomène Kamuina Nsapu sur toute l’étendue de la province du Kasaï – oriental et particulièrement dans entités touchées par ce phénomène en vu de sécuriser l’ensemble de la population du Kasaï – oriental.

Au pouvoir judiciaire : 

  • De diligenter une enquête indépendante en vue de faire la lumière sur l’enlèvement des agents temporaires de la CENI précités aux fins de sanctionner les commanditaires et exécutants conformément à la loi ;

Aux Services provinciaux de la Police Nationale congolaise et des Forces Armées de la République Démocratique du Congo :

  • De sécuriser les populations du Kasaï – Oriental ainsi que leurs biens en général et en particulier les agents temporaires et matériels de la CENI déployés à travers les différents Centre d’Inscription.

A la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) : 

  • De jouer pleinement son rôle qui est de promouvoir les droits humains et de veiller à leur respect intégral ;
  • De diligenter une enquête sur la situation des droits de l’Homme au Kasaï oriental en général et particulièrement dans les zones affectées par les atrocités des confrontations entre les miliciens de Kamuina Nsapu et les éléments des services de l’ordre.

Aux présumés miliciens Kamuina Nsapu :

  • De libérer les agents de la CENI capturés,
  • De s’interdire toute expansion de leurs revendications par les violences sur la population ;
  • De s’approprier les actions en faveur de la résolution pacifique de leurs revendications initiées par les autorités politico – administratives compétentes.

CEFOP/DH

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