RDC : Le Gouvernement et la Monusco invitées à protéger la population et ses biens contre l’activisme des groupes armés et braconniers étrangers

Dungu, le 03 Août 2017 – Des activistes des Droits humains  ont invité les autorités congolaises et la MONUSCO à sécuriser la province du Haut-Uelé, en  protégeant les populations et leurs biens et à restaurer l’autorité de l’Etat dans cette partie du pays rongée par l’activisme des différents groupes armés et braconniers étrangers notamment LRA, UDA…, ainsi que les éleveurs Mbororo.   

Le Chef d’antenne de la Direction Générale de Migration (DGM), affecté depuis cinq ans dans la localité Bangbi, à environ 77 km au sud de Bangadi, et son conducteur ont été assassinés le 24 Juillet 2017 dans une embuscade tendue par les éléments de la LRA (Lord’s Resistence Army) de Joseph Kony à Kpatanabu.

Vers 7 heures du matin le même jour, plusieurs personnes étaient déjà tombées dans la même embuscade après l’assassinat, dont des cyclistes et motards voyageant vers Dungu et vers Bangadi. Selon les témoignages des rescapés, du nombre desquels le chef de groupement Nakpudu, certains de ces éléments étaient habillés en tenue militaire FARDC, d’autres en tenue civile ou  encore en tenue de camouflage. Parmi ces terroristes parlant en mauvais lingala et en acholi, 4 éléments seulement étaient armés de AK47. Les autres avaient des PKM avec lesquelles les victimes ont été tuées par un seul coup de balle. Le Chef d’antenne DGM est mort sur place, son motard a succombé un peu plus tard de suite de graves blessures à l’hôpital de BANGADI où il était acheminé par les passants de bonne volonté qui sont arrivés sur le lieu juste après le forfait. Les autres kidnappés ont été systématiquement pillés et utilisés comme des transporteurs.

Deux faits auraient occasionné ce double assassinat, selon la CDJP/DD. D’un côté, les freins de la moto n’ont pas permis au conducteur de s’arrêter exactement à l’endroit indiqué par les bourreaux, et de l’autre côté, le Chef d’antenne DGM avait porté une jaquette « pentagone » à indices militaires qui a fait que les assaillants les aient assimilés aux éléments FARDC ayant refusé d’obtempérer à leurs ordres parce qu’étant militaires. Les assaillants ont ensuite trainé les victimes en brousse avec leur moto pour les piller a témoigné le conducteur avant de rendre l’âme.

Au soir vers 17h00, les villageois, déçus par le comportement des trois éléments FARDC commis au rond-point Napopo à 3 km de Kpatanabu (lieu de l’incident), se sont organisés pour aller repêcher le corps de l’agent de la DGM et la moto. Le corps du défunt a été transporté sur la même moto jusqu’au rond-point Bangbi auprès de sa femme et de ses enfants pour l’inhumation.

Le lendemain matin, deux coups de balles ont encore été entendus au même endroit. Les auteurs et la cause ne sont pas encore connus. Selon des sources locales, il pourrait s’agir des mêmes assaillants qui continuent à semer la terreur dans cette partie du pays.

En date du 25 juillet 2017, à 6 Km Sud de NAPOPO, près du ruisseau NABANDA, le même groupe, toujours en tenue militaire FARDC, dont deux étaient  armés de PKM et cinq,  armés des AK47, ont fait incursion vers 10h00 sous la pluie, pillant et kidnappant des civils sur les deux rives du ruisseau Nabanda sur axe Napopo. Huit personnes ont été enlevées dont une femme, un commerçant (FEC) et autres. Trois enfants de 12 ans, 13 ans et  15 ans de retour de champ avec les vivres ont été kidnappés, seul celui de 12 ans a réussi à s’échapper, tandis que les deux autres restent en captivité.

Un homme a réussi à s’échapper et c’est lui qui a rapporté l’incident aux opérateurs radio de Napopo. Deux autres hommes ont été kidnappés avant eux. Trois hommes qui ont suivi cet axe cette même nuit ont entendu la musique et les coups de pilon dans le mortier à cet endroit. Ce qui laisse à croire que les enlevés étaient en train de piler le paddy et les assaillants jouaient et dansaient la musique.

Face à cette tragique situation, la population lance un cri d’alarme auprès des autorités congolaises et de la Monusco et leur appelle à assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Elle se dit délaissée et livrée son triste sort, car aucun dispositif sécuritaire n’a encore été mis en marche, y compris à Bangadi, où aucune action n’a été menée depuis ce fameux incident.

SYC

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*