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RDC : le leader des ADF, Jamil Mukulu doit être transféré et jugé à Beni (société civile)

Publié le : 18 May, 2018 à 17 h 22 min


Oïcha, le 18 mai 2018 – La coordination de la société civile de Beni a demandé au gouvernement de la RDC d’accélérer la diplomatie pouvant aboutir au transfèrement de Jamil Mukulu, un des grands chefs des ADF, afin de répondre des crimes dont il est présumé responsable en ville et territoire de Beni.

A défaut d’obtenir l’extradition de ce chef de guerre, les forces vives de la société civile recommandent à la communauté internationale d’organiser un procès international en Ouganda en collaboration avec le gouvernement congolais. Et que les victimes des massacres de Beni soient associées à ce procès sous une protection internationale.

« La non considération de nos recommandations servira de témoignage sur la complicité des uns et des autres, chacun selon ses responsabilités », précise la coordination de la société civile de Beni dans un communiqué publié le 17 mai 2018 à Oïcha.

Jamil Mukulu est reconnu comme l’un des grands responsables des ADF. Lors de son arrestation en Tanzanie en 2016, la société civile avait déjà émis les vœux de le voir extradé en RDC où son mouvement est auteur de plusieurs violations de droits humains. Curieusement, rappelle la société civile de Beni, il avait été rapatrié en Ouganda son pays d’origine.

C’est le 14 mai 2018 que le gouvernement ougandais a ouvert un procès contre son terrible fils Jamil Mukulu pour « terrorisme ». Cependant, cette procédure ne rencontre pas les ententes de la population congolaise qui compte parmi elle des victimes de ces atrocités du groupe armé dont ce chef de guerre est l’un des responsables.

Depuis plus d’une décennie, territoire et ville de Beni sont menacés par de guerres à répétition avec de graves conséquences sur la population civile dont les principaux auteurs demeurent les rebelles ougandais de l’ADF. La situation s’est détériorée davantage à partir du 2 octobre 2014 avec des tueries et carnages des populations civiles qui sont intervenues après une série de kidnapping.

Jusqu’à ce jour, déplore la coordination de la société civile, « cet état de chose n’a pas changé au point qu’au moment où nous sortons ce communiqué, le sang des civils continue à couler en territoire comme en ville de Beni. »

Depuis le début de cette tragédie qui a occasionné le kindapping de plus de 1 400 personnes et la tuerie de plus de 1 000 autres par machette et hache et/ou par armes, un certain doute a toujours plané sur l’identité des vrais auteurs de ces exactions.

Pour tenter d’éclairer la lanterne de la population, la Cour militaire opérationnelle de la RDC a organisé un procès du 20 octobre 2016 au 22 janvier 2018. Cependant, la société civile du territoire de Beni n’a toujours pas connu les vraies retombées de ce procès dans un contexte où les massacres continuent à se perpétrer.

SYC