RDC : L’AETA/Sud Kivu dénonce les massacres récurrents qui endeuillent le grand Kivu

La population est fatiguée des boucheries humaines, des enlèvements, et des guerres, et aspirent ardemment à la paix durable. Depuis 2015, les Provinces du Kivu ont été le théâtre macabre de conflits armés et d’affrontements meurtriers, de massacres, voire de génocide et autres crimes contre l’humanité, endeuillant des milliers de familles, et jetant sur la route d’exil des populations entières. D’autres portions de populations sont réduites à vivre, depuis de nombreux mois, dans des camps de réfugiés ou de déplacés, où épidémies et famines causent un grand nombre de morts. 

L’AETA/SUD KIVU,  est profondément  préoccupée par ces manifestations de violence, d’intolérance, de résurgence des phénomènes  tendant à des confrontations ethniques, de tueries et enlèvements des personnes innocentes, la recrudescence  du terrorisme entretenue par des ADF, des FDLR et milices congolaises.

« Les Organisations de défense des droits humains au Kivu, quelques médias ainsi que les Eglises ne cessent de crier haro à l’injustice, à la corruption, à la circulation illicite des armes, à l’impunité de ceux qui se prétendent  avoir la destinée de la population alors qu’en réalité ils ne sont qu’ennemis de ces derniers », rapporte le communiqué.

Père Machozi n’est plus

Le cas le plus récent est l’assassinat du prêtre assomptionniste, Père Vincent Machozi de la paroisse catholique de Bunyuka dans le territoire de Beni (Nord-Kivu) qui a été tué dimanche 20 mars par des hommes armés qui ont fait irruption dans le couvent de cette paroisse.

« Les bandits sont venus et ils ont menacé les travailleurs de la paroisse. Ils cherchaient plus le chef de collectivité et le prêtre. Ils étaient estimés à 10 bandits armés au moins. Leur mission était d’achever le chef de collectivité de Bashu et le prêtre », a affirmé l’administrateur du territoire de Beni Amisi Kalonga, sans expliquer comment le chef de collectivité s’en est sorti.

Des  sources sécuritaires rapportent qu’après leur meurtre, les assaillants ont utilisé le véhicule du chef de collectivité de Bashu pour quitter le lieu. Ils auraient abandonné le véhicule dans un autre village.

Cet assassinat qui s’ajoute à plus de plus de 6 millions des congolais morts dans cette tragédie macabre s’inscrivent à l’intérieur d’une série de nombreuses autres actions terroristes et criminelles perpétrées contre des populations innocentes, contre des personnalités influentes, notamment les membres de l’Eglise et de la société civile, journalistes, chefs coutumiers.

Halte au mépris de la vie

Le mépris de la vie et la non-considération de la dignité absolue de la personne humaine dont les conséquences néfastes ont abouti au Kivu au Génocide et autres crimes contre l’humanité, aux massacres, aux viols, aux éliminations de groupes et de familles, sont condamnés par l’AETA/SUD KIVU. Cette plate forme déplore aussi le trafic illicite d’armes de tout genre dans les provinces du Kivu et l’enrôlement des enfants dans l’armée et les milices.

Aussi, condamne – t – il, la mauvaise gouvernance qui engendre l’anarchie et l’arbitraire, et qui manifeste le manque de volonté politique pour promouvoir l’Etat de droit et l’exploitation de la haine et de la division ethnique comme idéologie pour la conquête ou la conservation du pouvoir au Nord Kivu.

Face à cette nouvelle horreur hors de commun que viennent de vivre les Chrétiens et le Diocèse de Beni-Butembo dans le lot des massacres et enlèvements dans plusieurs localités de ces deux provinces du Kivu, l’AETA/SUD KIVU  recommande vivement au Gouvernement  de la RDC d’initier des enquêtes de violations des droits de l’homme et de mener des poursuites judiciaires à l’endroit de leurs auteurs ainsi que de prendre des mesures nécessaires et efficaces en vue de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens surtout au Nord et Sud Kivu.

Il est de ce fait indispensable pour le gouvernement de veiller à l’intégrité du territoire national de procéder au désarmement de toutes les milices et bandes armées congolaises et étrangères encore actives  au Kivu.

L’AETA/SUD KIVU considère que l’impunité de ces violations systématiques et répandues des droits et libertés fondamentaux est aussi une manifestation de manque de volonté politique du pouvoir et une trahison de responsabilité citoyenne.

SYC

Ci – Joint : communiqué de presse de l’AETA SUD KIVU du 23 mars 2016 sur l’Assassinat du Père Vincent MACHOZI

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