RDC : les cinq préalables du CLC pour sauver le processus électoral

Le non dépôt de la candidature du président Joseph Kabila pour un nouveau mandat ; le retrait total et immédiat de la machine à voter ; la mise en œuvre des recommandations de l’OIF relatives au fichier électoral ; l’implication par la CENI des experts internationaux dans l’accompagnement technique du processus électoral ; la fin de l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire, de la police et des services de sécurité ; et, l’application stricte des mesures de décrispation politique préconisées par l’Accord de la saint-sylvestre.

Voilà, les cinq préalables posés par le Comité laïc de coordination (CLC) dans un message officiel rendu public le 7 juillet 2018 à Kinshasa. Les  six signataires dont le professeur Isidore Ndaywel, Jonas Tshombela et Justin Okana estiment qu’il est encore temps de sauver ce qui peut l’être encore de ce processus électoral.

Le CLC prévient l’opinion que, si l’actuel président de la République arrivait à poser sa candidature, de manière effective, pour un autre mandat conformément aux déclarations et affiches de ses partisans, Joseph Kabila aura violé et trahi publiquement son serment constitutionnel.

« A dater de ce jour du dépôt de sa candidature, le CLC se verra automatiquement dans l’obligation d’inviter le peuple congolais à ne plus le reconnaitre comme chef de l’Etat légitime et la communauté internationale de ne plus le considérer comme le représentant légal et légitime de ses intérêts ; de décréter le mois d’aout, mois d’actions combinées de marches pacifiques, de sit-in, de villes mortes, des grèves généralisées et d’actions de désobéissance civile, sur toute l’étendue de la République, en vue d’obtenir la démission du président Joseph Kabila et de son gouvernement, devenus de véritables obstacles des élections crédibles, transparentes et apaisées », précise le CLC.

Constatant que la paix et la stabilité du pays ainsi que la sous-région sont menacées, le CLC entend lancer, le 9 août 2018, un appel à la mobilisation générale de toutes les forces vives de la Nation, pour ses premières grandes actions qui se tiendront le 12, le 13 et le 14 août 2018, sur toute l’étendue de la République, afin de sauver la démocratie en péril.

Et de préciser : « à l’ensemble de notre peuple, le CLC demande de demeurer vigilant, mobilisé et solidaire, chrétiens, croyants et hommes de bonne volonté. Pour sauver la Nation en péril : congolais du pays et de la diaspora, plus que jamais, prenons notre destin en mains pour créer des conditions de paix véritable dans notre pays et libérer l’avenir pour le bonheur de tous ».

Pour le CLC, le processus électoral en cours ne conduira pas à la paix et à la stabilité du pays et de la région tant que le travail de la CENI, 18 mois après la date constitutionnelle des élections, n’a abouti qu’à des résultats plus que décevants.

Allusion faite à un fichier électoral non fiable avec plus de six millions d’inscrits sans empreintes digitales, des listes contestées et piégées des partis et regroupements politiques admis à la compétition électorale, l’exclusion plus que suspecte de la présence des experts internationaux, l’imposition au souverain primaire d’une « machine à voter » non consensuelle et non prévue par la loi comme mode électoral incontournable.

SYC

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