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RDC : Les violations des droits humains ont augmenté de 30% en 2016

Publié le : 27 January, 2017 à 19 h 28 min


Le nombre de violations des droits humains en République démocratique du Congo a augmenté de 30% en 2016, une hausse causée pour une large part par une violente répression exercée par les agents de l’État contre les détracteurs du régime, selon un nouveau rapport des Nations Unies. 

Dans ce rapport publié cette semaine, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a documenté un total de 5 190 violations des droits humains à travers la RD Congo, soit une nette augmentation, liée à la fois à la répression relative aux problèmes électoraux du pays et à l’accroissement des activités de plusieurs groupes armés.

Les agents de l’État – en particulier la police nationale – ont été responsables de près de 64% de toutes les violations des droits humains documentées en 2016, tandis que les groupes armés ont été responsables du reste, c’est-à-dire de 36% de ces violations. Le nombre des violations commises par des agents de l’État a augmenté de plus de 62% par rapport à 2015.

L’ONU a documenté un total de 480 victimes d’exécutions extrajudiciaires commises par des agents de l’État, soit une hausse de 63% par rapport à 2015. Nombre de ces victimes ont été tuées par balles par les forces de sécurité lors de la répression violente de manifestations de protestation contre les efforts qui visaient à maintenir le président Joseph Kabila au pouvoir au-delà de la limite fixée par la constitution et correspondant à la fin de son second mandat, le 19 décembre 2016.

Le nombre des violations des droits humains et des libertés fondamentales liées au rétrécissement de l’espace démocratique en 2016 a été plus de quatre fois supérieur au nombre de telles violations documentées en 2015, et les droits aux libertés de réunion, d’opinion et d’expression sont exposés à de graves risques.

De nombreux médias et journalistes ont été pris pour cibles et ont subi des abus de la part d’agents du gouvernement, tandis que les opposants politiques étaient poursuivis en justice, dans des procès intentés pour des motifs politiques. Le gouvernement a également failli à sa responsabilité d’ouvrir des enquêtes crédibles sur les violations des droits humains qui étaient documentées, selon le rapport.

Bien que la majorité (66%) des violations des droits humains documentées aient été commises dans l’est du pays, une augmentation sensible des violations documentées a aussi été observée dans les provinces du sud et de l’ouest, due notamment à la répression politique exercée dans tout le pays, à la résurgence des combats inter-ethniques entre les communautés Twa et Luba dans la province du Tanganyika, ainsi qu’à des combats entre les forces de sécurité et la milice Kamuina Nsapu dans les provinces du Kasaï.

Ida SawyerDirectrice pour l’Afrique centrale (via SYC)