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RDC : Plus de 300 filles mineures recrutées par les groupes armés

Publié le : 24 December, 2015 à 18 h 35 min


De Janvier 2009 à Mai 2015, MONUSCO a interviewé 8 546 enfants recrutés par les groupes armés en RDC, parmi lesquels, 600 filles.  Au moins 56% des filles avaient moins de 15 ans au moment de leur recrutement. Ce qui constitue un crime de guerre au regard du Statut de Rome. Ce rapport cible le LRA, Mai Mai Simba, Nyatura, Rayia Mutomboki, FDLR, APCLS, FPC/AP, Mai Mai Yakutumba, Mai-Mai Kata Katanga, NDC/Cheka and FRPI comme les groupes armés qui recrutent systématiquement en RDC.

La majorité des filles a été recrutée de force. 14% des filles recrutées par les groupes armés ont été utilisées comme combattantes ou escortes aux commandants desdits groupes. La majorité à été utilisée comme cuisinières, domestiques et porteuses.  Plus de la moitié a rapporté avoir subi des violences sexuelles pendant leur association au groupe armé, y compris le viol, le mariage forcé et l’esclavage sexuel.

« J’ai essayé de m’échapper avec deux garçons en février 2013. Nous avons été rattrapés par le  Major [B.] et renvoyés dans le camp. Nous avons reçu chacun 30 coups de fouets et enfermé dans une cellule sous terre. Nous nous sommes échappés le jour suivant et avons approché la MONUSCO », rapporte une fille de 14 ans qui a intégré le groupe armé Nyatura en 2012.

A en croire ce rapport de la Section Protection de l’Enfant de la MONUSCO, il y a des preuves abondantes (notamment des témoignages des garçons ex-associés aux groupes armés et d’autres témoins oculaires) qui attestent qu’un grand nombre de filles sont recrutées et utilisées par les groupes armés en RDC, mais la majorité d’entre elles continue à être invisible.

Le tiers des filles interviewées rapportent qu’elles ont rejoint un groupe armé sur pression de leurs tuteurs, parents, familles ou des membres de la communauté. Il est plus difficile pour les filles de s’échapper surtout lorsqu’elles sont enceintes ou des nourrices. Certaines filles se résignent à rester dans le groupe armé en raison de la stigmatisation de la société.

Les commandants des groupes armés cachent aussi les filles pendant leurs redditions et les processus de réintégration.  Les filles interviewées ont passé entre quelques jours jusqu’à quatre années dans leur groupe armé, avec une moyenne de 182 jours (6 mois) d’association.

SYC

Ci – joint le rapport :

FR : http://bit.ly/1NhwlKU

ENG : http://bit.ly/1Z4WJNw