RDC : Une ONG appelle au respect des droits des détenus à Goma

(Goma, le 22 octobre 2016) – La Commission pour le Développement de l’Humanité dans les Grands Lacs (CDH-GL) œuvrant dans le domaine de défense, promotion et protection des droits humains attire l’attention des autorités politico-militaires sur le débordement dont fait montre la Police Nationale Congolaise et les FARDC vis-à-vis des personnes arrêtées. Ces détenus étant victimes d’actes de violation dans les différents cachots de la ville de GOMA, la CDH-GL exhorte les dirigeants d’instruire les commissaires de la Police affectés dans les différents bureaux des quartiers au respect des 12 droits de la personne arrêtée.

Dans un communiqué officiel, la CDH-GL se dit très préoccupée par des conditions déplorables que traversent les personnes arrêtées dans les cachots de la ville de GOMA, encore très graves dans la prison centrale de MUNZENZE où l’accès est refusé aux activistes des droits de l’homme. Pour décrire cette situation alarmante, la CDH-GL évoque quelques exemples :

Dans le cachot du quartier MUGUNGA, en date du 17 septembre 2016, les éléments des FARDC ont torturé un détenu répondant au nom de JEAN DE DIEU KINYONZI jusqu’à ce qu’ils ont favorisé sa mort. Toujours dans ce même cachot, on garde à vie les détenus au-delà de 48 heures.

Dans le cachot du LACS VERTS, 4 détenus rencontrés n’ont pas été informés des motifs de leurs arrestations manu militari au cachot. Face au plaidoyer de l’ONG, l’OPJ a exigé des amendes avant leur libération sans aucune autre explication du motif.

Dans les cachots du cartier NDOSHO, 3 personnes ont été arrêtées pour cause de dettes. Mais selon l’OPJ, elles ont été détenues pour de raison d’enquête.

Dans le cachot de la commune de KARISIMBI, l’enquête de la CDH-GL a révélé que la garde à vue des personnes interpellées va au-delà de 48 heures dans le cachot. Un détenu répondant au nom de KASEREKA BINGI (39 ans) arrêté le 18 octobre 2016 à 16 heures à cause d’une dette de la télévision. Malgré l’insistance de l’avocat, l’OPJ a refusé qu’il entre en contact avec son client.

« La CDH-GL dénonce surtout les détenus des cachots de MUNGUNGA et LACS VERTS n’ont pas le droit de se plaindre pour non respect de leurs droits en vue d’obtenir une justice équitable et une réparation en cas de préjudices causés », note le communiqué.

La charte africaine de droit de l’homme et de peuples, instrument juridique ratifie par la RDC le 20 juillet 1987 précise à ses articles 4 et 5 ce qui suit :

L’article 4 stipule que la personne humaine et inviolable tout être humain à droit au respect à la vie, nul n’est peut-être privé arbitrairement de ses droits.

 L’article 5 insiste sur le faite que tout individu a droit à la dignité humaine, notamment : traite des personnes, la torture physique ou morale et les peines ou traitement cruelles inhumains dégradants sont interdites.

La CDH-GL recommande :

Au Gouvernement provincial d’organiser dans l’urgence le conseil des officiers de la PNC et de FARDC, afin de s’acquérir de la situation alarmante que travers les personnes arrêtées,

A l’inspecteur provincial de la PNC du Nord-Kivu de relever d’urgence de ses fonctions les commissaires non instruits dans les différents bureaux du quartier pour éviter des graves violations de droits de l’homme,

Au procureur général près de la cours d’appel de GOMA de veiller sur l’applicabilité des 12 droits de la personne arrêtée,

Aux partenaires d’appuyer financièrement et matériellement l’organisation, surtout, un appareil numérique, la machine….en vue de bien prester les activités sur terrain avec efficacité. Aussi, devraient – t – ils, accompagner la CDH-GL à faire le suivi de plaidoyer aux autorités,

A la société civile du Nord-Kivu de surveiller d’une manière régulière les conditions des détentions et dénoncer toujours les violations graves des droits de la personne arrêtée.

SYC

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