RDC : Une ONGDH plaide pour la protection des témoins des massacres Beni au Nord-Kivu

(Oicha le 14 février 2017) – L’ONG des Droits de l’Homme « Misères sors ! » salue la matérialisation de l’engagement du gouvernement à faire valoir le droit en mettant à la disposition de la justice certains de ses officiers qui seraient impliqués dans les massacres de Beni. C’est depuis octobre de l’année 2014 que ces massacres ont commencé et que jusqu’à présent, ils ont fait plus de 700 morts, plus de 100 disparues et plusieurs dizaines de blessées.

«Misères sors !» se réjouit du fait que l’ouverture de ce dossier judicaire par le Ministère public rencontre la préoccupation des organisations de la Société Civile nationale et internationale qui, depuis le lendemain de ces massacres, ont mis en cause certains officiers FARDC sur base des résultats de leurs recherches alors que le gouvernement s’est montrait réticent pour des raisons qui restent inavouées. Certains d’entre eux ont continué à assumer des hautes responsabilités au sein de l’armée, promus à de grades élevés et cela jusqu’à présent.

« Misères sors ! » constate que toutes les personnes touchées de près ou de loin par ces massacres ont les yeux et les oreilles tournés vers ce qui se passe à la Mairie de Beni, précisément à la Tribune du 08 mars où se déroulent ces audiences publiques. Elle encourage ainsi le Ministère Public à faire correctement son travail d’autant plus que la population attend avec impatience le verdict qui va en sortir.

Cependant, « Misères sors ! » insiste sur le respect de la protection totale reconnue aux témoins du Ministère Public après s’être confiés de bonne foi sous le sceau de l’anonymat. Cela étant une précaution d’usage qui les protège de certains officiers qui sont en liberté et qui pourraient retrouver leurs domiciles respectifs afin de leur faire du mal. Cette ONG apprend que certains témoins vivent dans la crainte d’être abattus.

Sur ce, « Misère Sors ! » recommande ce qui suit :

Au Gouvernement congolais :

  • Que tous les témoins qui comparaissent à titre de « Renseignant » soient sécurisés et protégés pendant et après les audiences ;
  • Qu’il se garde à ne pas influencer la justice.

A la Justice congolaise :

  • Que ce procès se déroule en toute indépendance et équité afin qu’il aboutisse à la condamnation de ceux qui seraient jugés coupables et auteurs de massacres et tueries de Beni ;
  • De prévaloir le droit et rien que le droit.

A la Communauté internationale :

  • Qu’elle suive de prêt ces audiences et qu’elle prenne de mesures de protection adéquates pour les témoins ou renseignants à tous les niveaux.

SYC

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