RDC : Voici la biographie des deux généraux sanctionnés par les Etats – Unis d’Amérique !

Gabriel Amisi

Le général Amisi possède un lourd bilan en matière d’implication dans les graves atteintes aux droits humains en RD Congo. Officier de l’armée de l’ancien président Joseph Mobutu, Amisi a rejoint la rébellion de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), appuyée par le Rwanda, qui a évincé Mobutu en 1997. Amisi a plus tard rejoint une autre rébellion soutenue par le Rwanda, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD)-Goma, et en mai 2002, il figurait parmi les commandants responsables des meurtres généralisés, des exécutions sommaires, des viols et des pillages qui ont eu lieu pendant la répression d’une mutinerie à Kisangani, comme l’ont montré les recherches de Human Rights Watch à l’époque.

Gabriel Amisi dit "Tango Four"Le Groupe d’experts de l’ONU sur la RD Congo a rapporté qu’Amisi aurait été plus tard impliqué dans le trafic de minerais, y compris l’étain et l’or, alors qu’il était commandant des forces terrestres de l’armée congolaise. Amisi a été suspendu de ses fonctions en novembre 2012, suite aux accusations portées par le Groupe d’experts selon lesquelles Amisi supervisait un réseau distribuant des munitions aux braconniers et aux groupes armés. Les autorités congolaises ont abandonné toutes les poursuites contre lui en juillet 2014. 

Amisi est actuellement commandant de la première zone de défense, qui couvre la capitale, Kinshasa, ainsi que d’autres provinces occidentales. Des militaires sous son commandement ont été impliqués dans la répression violente des manifestations politiques au cours des deux dernières années et ont fait usage d’une force excessive et illégale.

John Numbi

John Numbi est l’ancien inspecteur général de la police nationale congolaise. En 2008, il a été impliqué dans le déploiement d’environ 600 agents de police pour réprimer le groupe politico-religieux Bundu Dia Kongo (BDK), basé dans le Bas-Congo. Les recherches menées par Human Rights Watch à l’époque ont montré que, pendant trois semaines d’opérations policières, la police a tiré sur des adhérents du BDK qui manifestaient, dont certains étaient violents, sans avertissement préalable, tuant plus de 200 personnes et blessant des dizaines d’autres.

La police a fait usage d’une force excessive et létale et, dans certains cas, a délibérément tué des personnes qui étaient blessées, y compris des personnes qui cherchaient des soins médicaux dans les centres de santé, qui s’enfuyaient ou qui, de toute autre manière, ne constituaient pas une menace pour la police. La police a systématiquement brûlé des lieux de réunion, des maisons et d’autres bâtiments appartenant aux adhérents du BDK. La police a arrêté plus de 150 partisans du BDK suspectés, y compris des personnes qui n’avaient participé à aucune action contre la police, et a torturé ou maltraité certains d’entre eux.

John Numbi

Le 1er juin 2010, un éminent défenseur des droits humains, Floribert Chebeya, qui avait documenté les abus commis par la police contre le BDK, s’est rendu au quartier général de la police à Kinshasa suite à un appel téléphonique le convoquant au bureau de Numbi. Son corps a été trouvé peu de temps après. Le chauffeur de Chebeya, Fidèle Bazana, est toujours porté disparu. Suite à l’indignation généralisée en RD Congo et dans le monde entier face à ce qui semblait être un double meurtre impliquant Numbi, ce dernier a été suspendu de ses fonctions d’inspecteur général de la police nationale le 5 juin 2010. En 2012, un haut tribunal militaire a refusé d’examiner le rôle présumé de Numbi dans le meurtre.

La déclaration du gouvernement américain annonçant les sanctions indique que Numbi est toujours un conseiller influent du président Kabila, même s’il n’a plus de fonction officielle. Lors des élections des gouverneurs en mars 2016, d’après la déclaration, Numbi a recouru à « des intimidations violentes pour garantir la victoire des candidats affiliés à la coalition MP (majorité présidentielle) du président Kabila » et « a menacé de tuer des candidats de l’opposition qui ne se sont pas volontairement retirés de la course ».

SYC

Ci – joint :

https://www.hrw.org/fr/news/2016/09/28/rd-congo-les-etats-unis-sanctionnent-2-generaux

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*