Nouveau rapport sur les attaques contre l’éducation à l’est de la RD Congo

education


RD Congo : Élèves et écoles en danger dans les zones de conflit
Le gouvernement devrait souscrire à la Déclaration internationale sur la sécurité dans les écoles

(Kinshasa, le 28 octobre 2015) – Le gouvernement de la République démocratique du Congo devrait accroître la protection des élèves et des écoles dans les zones du pays touchées par les conflits armés, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Le gouvernement devrait souscrire à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles – une déclaration internationale – et la mettre en œuvre.

Le rapport de 64 pages, intitulé « ‘Notre école devint un champ de bataille’ : L’utilisation des écoles comme lieu de recrutement et à des fins militaires en République démocratique du Congo », documente comment des groupes armés ont attaqué des écoles et recruté des enfants à l’école ou alors qu’ils se rendaient à l’école. Les groupes armés et l’armée congolaise ont également pris le contrôle d’écoles à des fins militaires. Un grand nombre d’enfants et de parents ont déclaré à Human Rights Watch que la peur d’être enlevés ou violés a empêché les élèves de fréquenter l’école.

« L’accès des enfants à l’éducation est le plus souvent un combat plutôt qu’un droit dans de nombreuses parties de la RD Congo », a déclaré Bede Sheppard, directeur adjoint de la division Droits de l’enfant à Human Rights Watch et co-auteur du rapport. « Faire en sorte que les élèves puissent fréquenter l’école en toute sécurité devrait être au cœur des efforts pour construire une paix durable en RD Congo. »

Le rapport s’appuie sur des entretiens menés auprès de plus de 120 personnes, dont des élèves, des enseignants et des responsables du ministère de l’Éducation et des Nations Unies basés dans les provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu, dans l’est de la RD Congo, où des conflits sont en cours.

« Lorsqu’un combattant frappe à la porte d’une salle de classe, il faut répondre », a déclaré à Human Rights Watch une enseignante, décrivant comment un combattant a enlevé une élève. « Il a prononcé le nom d’une jeune élève. Je ne pouvais pas refuser. Alors j’ai appelé la fille qu’il a demandée, et elle l’a suivi. Il n’était pas armé, mais les combattants derrière lui l‘étaient. »

Le gouvernement congolais devrait se conformer à la résolution 2225 de 2015 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui encourage tous les pays à prendre des mesures concrètes pour dissuader l’utilisation militaire des écoles, a déclaré Human Rights Watch. Il devrait rapidement souscrire à la Déclaration internationale sur la sécurité dans les écoles, approuvée jusqu’au mois d’octobre par 49 pays, qui comprend des engagements à protéger l’éducation contre les attaques. Il devrait également revoir ses politiques, ses pratiques et sa formation militaires afin de s’assurer qu’elles soient, au minimum, conformes aux protections contenues dans les « Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l’utilisation militaire durant les conflits armés », qui fournissent des indications sur la manière dont les parties à un conflit armé devraient éviter d’empiéter sur la sécurité et l’éducation des élèves.

Le gouvernement congolais devrait également enquêter et traduire en justice les officiers de l’armée et les commandants de groupes armés responsables de recrutement et d’enlèvement d’enfants ainsi que d’autres violations des droits humains et du droit humanitaire internationaux, notamment les attaques illégales contre des écoles, les élèves et les enseignants, selon Human Rights Watch.

Les attaques contre des écoles et leur utilisation à des fins militaires par des combattants ont fortement augmenté au début de 2012, lorsque l’armée congolaise a entamé une campagne militaire contre le groupe rebelle M23 dans l’est de la RD Congo. La rébellion de 19 mois a pris fin en novembre 2013, après que l’armée congolaise et les forces de l’ONU aient vaincu le M23. Cependant, la défaite du M23 n’a pas entrainé la fin des hostilités dans le Nord Kivu et le Sud Kivu, car un grand nombre d’autres groupes armés continuent d’opérer dans ces provinces.

Un résident a expliqué la situation dans son école locale : « La première fois que les [rebelles] M23 sont venus attaquer, les FARDC [l’armée congolaise] avaient occupé notre école. Et lorsque les FARDC ont été chassés par les M23, ces derniers occupèrent notre école. Notre école devint un champ de bataille. »

Lorsque les parties belligérantes utilisent les écoles à des fins militaires, elles prennent parfois le contrôle de quelques salles de classe ou de l’aire de jeux. Dans d’autres situations, les combattants convertissent une école entière en base militaire, en caserne, en terrains d’entraînement, ou en stockage d’armes et de munitions. Les troupes qui occupent les écoles exposent les élèves et les enseignants à des dangers tels que le recrutement illégal, le travail forcé, les passages à tabac et les violences sexuelles.

L’utilisation militaire des écoles détériore, endommage et détruit l’infrastructure de l’éducation déjà insuffisante et de mauvaise qualité. Les combattants qui occupent les écoles brûlent souvent les murs en bois des bâtiments, des bureaux, des chaises et des livres en guise de combustible pour la cuisine et le chauffage. Les toits de tôle et autres matériaux peuvent être pillés et emportés pour être vendus aux fins personnelles des soldats.

L’utilisation d’une école pour des déploiements militaires peut conduire à des dommages supplémentaires à l’édifice, car elle peut faire de l’école une cible légitime pour une attaque ennemie. Même une fois évacuée, l’école peut encore constituer un environnement dangereux pour les enfants si les troupes laissent derrière elles des armes et des munitions non utilisées.

Dans un pays qui souffre déjà de possibilités insuffisantes pour une éducation de qualité, les dommages causés aux écoles en raison de l’usage militaire entravent davantage les perspectives d’éducation des élèves et leur avenir, selon Human Rights Watch.

Human Rights Watch a documenté des attaques contre des écoles ou l’utilisation des écoles à des fins militaires entre 2012 et 2014 par l’armée congolaise, le M23, divers groupes de miliciens hutus congolais connus sous le nom de Nyatura, Maï Maï Sheka ainsi que d’autres groupes Maï Maï et par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

À travers la RD Congo en 2013 et 2014, l’ONU a établi l’existence d’attaques contre des écoles, des pillages d’écoles, ou l’utilisation militaire des écoles par l’Alliance des forces démocratiques (ADF), l’armée congolaise, les FDLR, le Front de résistance patriotique en Ituri (FRPI), le M23, Mai Mai LaFontaine, Mai Mai Yakutumba, les groupes Nyatura, l’Alliance du peuple pour un Congo libre et souverain (APCLS), le groupe Raia Mutomboki et l’Union des patriotes congolais pour la paix (UPCP).

Au début de 2013, le ministre de la Défense de la RD Congo a émis une directive ministérielle à l’intention de l’armée indiquant que tous les militaires reconnus coupables de réquisitionner les écoles à des fins militaires seraient confrontés à des sanctions pénales et disciplinaires sévères. Cependant, Human Rights Watch n’a trouvé aucune législation congolaise ou doctrine militaire existantes interdisant explicitement ou réglementant la pratique de l’utilisation militaire des écoles, ou en faisant une infraction pénale.

« Les parents dans toute la RD Congo démontrent régulièrement la valeur qu’ils accordent à l’éducation que reçoivent leurs enfants, réunissant tant bien que mal les ressources permettant de payer les frais et autres coûts nécessaires pour scolariser leurs enfants », a conclu Bede Sheppard. « Ce n’est rien de moins que le développement futur et la stabilité de l’est de la RD Congo qui dépendent de la volonté du gouvernement de faire des écoles un endroit plus sûr pour que les enfants reçoivent une éducation de qualité. »

Pour consulter le rapport « ‘Notre école devint un champ de bataille’ : L’utilisation des écoles comme lieu de recrutement et à des fins militaires en République démocratique du Congo », veuillez suivre le lien :
http://www.hrw.org/fr/node/282421

Pour consulter d’autres recherches de Human Rights Watch sur la République démocratique du Congo, veuillez suivre le lien :
https://www.hrw.org/fr/africa/democratic-republic-congo

Pour consulter d’autres recherches de Human Rights Watch sur les droits de l’enfant, veuillez suivre le lien :
https://www.hrw.org/fr/topic/childrens-rights

Pour plus d’informations, veuillez contacter :
À Kinshasa, Ida Sawyer (anglais, français) : +243-9986-75565 (portable) ; ou sawyeri@hrw.org. Sur Twitter : @ida_sawyer
À Barcelone, Bede Sheppard (anglais) : +1-646-203-1993 ; ou sheppab@hrw.org. Sur Twitter : @BedeOnKidRights

L’insécurité en territoire de Beni

BENI Centre ville

Aux Commandant de la 34ième Région militaire, le commandant des Opérations sokola 1 et Responsables provinciaux des services de sécurité tant civils que militaires à Goma et Beni.

Lubero, le 22 septembre 2015 – Le CIDDHOPE appelle urgemment le commandant de la 34ième région militaire, le commandant des opérations Sokola 1 et les responsables provinciaux des services de sécurité tant civiles que militaires de la province du Nord-Kivu à Goma et à Beni à protéger les civiles victimes quotidiennes d’attaques attribuées aux ADF.

Le CIDDHOPE venait d’être informé d’un échange de coups de tires entre les FARDC et les combattants présumés ADF depuis ce soir 22 septembre 2015 vers 17 heures à la rivière

ABIALOS, située dans le village KOKOLA, sur la route national n°4, groupement BAMBUBA/KISIKI. D’après le colonel TATY JOSEPH, commandant de la 31ième brigade, ses militaires ont surpris ces présumés ADF en train de préparer la nourriture sur le lieu. Le colonel n’a pas porté le bilan de ces attaques à la connaissance du CIDDHOPE mais promet le révéler demain pendant la journée.

Comme à l’accoutumé, le CIDDHOPE suit de près ces événements malheureux et vous tiendra informer sur évolution de la situation et la suite de réactions des autorités des FARDC.

 

Pour le CIDDHOPE,

KASEREKA MAMBO MINGI, le Chargé de Programme a.i

Me Dellyco Mbambu NYAMWAMI, Secrétaire Exécutif

 

Adresse de contact :

01, Cellule Kabenge, Avenue du marché, non loin du Rond – point Boulevard et du Bureau de la cité,

Quartier Mulyata, cité de Lubero, Territoire de Lubero, Province du Nord-Kivu, à l’Est de la

RDC. Tél. +243 976310259, +243 997784020, +243 821415070, +243 840035788, +243 899174374, +243 991715060

E-mail : ciddhops.execu@gmail.com, Skype : ciddhope

 

Arrestation à Shabunda d’un Défenseur des Droits de l’Homme  

Carte de Shabunda au Sud Kivu

Nous portons à votre connaissance que notre collègue Thomas Malimacho, Chef d’Antenne de notre organisation ACADHOSHA à Shabunda centre vient d’être arrêté cet après-midi par le Colonel des FARDC basées à Shabunda parce qu’hier dans notre émission qui passe à la radio communautaire Mutanga de Shabunda il avait dénoncé le fait que ça soit les militaires qui surveillent la poursuite de l’exploitation minière dans la rivière Ulindi par les dragues et pourtant, le Gouverneur du Sud-Kivu avait pris un Arrêté Provincial pour interdire cette exploitation et ceci, suivant les instructions qu’il avait reçues du Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Pour votre rappel, en 2014, une équipe d’experts venue de Kinshasa avait prélevé des échantillons dans la rivière Ulindi dans le territoire de Shabunda au Sud-Kivu et de Pangi au Maniema. Ils avaient conclu à l’existence de cette rivière d’une dose d’Uranium et de Thorium dont la teneur dépassait les seuils maxima tolérés par l’OMS. C’est sur base de ce rapport que le Premier Ministre avait adressé une première lettre aux Gouverneurs de ces deux provinces pour qu’ils fassent cesser sans délai l’exploitation minière artisanale et semi-industrielle le long de ce cours d’eau en attendant le rapport d’une équipe multi-sectorielle à déployer sur place par le Ministre des Mines.

Vers le mois de juin 2015, le Premier Ministre avait instruit le Vice-Premier Ministre ainsi que le Ministre des Mines pour qu’ils délogent les tenanciers des dragues dans cette rivière.

Au mois de juillet 2015, le Gouverneur du Sud-Kivu avait finalement pris un Arrêté Provincial interdisant l’exploitation minière artisanale et semi-industrielle le long de la rivière Ulindi. C’est la poursuite des activités sous la couverture des militaires des FARDC par la Société chinoise KUNHOU Mining (KHM) que notre collègue a dénoncé hier.

Nous venions d’informer toutes les autorités provinciales de cette arrestation qui frise une intimidation et une violation des libertés fondamentales garanties par la Constitution.

Nous vous invitons donc à vous impliquer pour obtenir la libération immédiate et sans condition de notre collègue qui est l’unique Défenseur des droits de l’Homme dans ce territoire grand en superficie que le Rwanda qui ose dénoncer les violations des droits de l’Homme et les exactions commisses par les forces et groupes armés.

ACADHOSHA se réserve le droit de procéder aux actions citoyennes pour obtenir sa libération conformément aux garanties reconnues aux citoyens congolais par la Constitution et les autres instruments juridiques régionaux et internationaux.

Acadhosha Descartes Mp (acadhosha@yahoo.fr)