RDC : Le Gouvernement appelé à faire libérer Fernando NKANA à Bukavu

(Kinshasa, le 10 février 2016) – L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) appelle les plus hautes autorités gouvernementales à intervenir en toute urgence pour faire libérer M. Fernando NKANAsecrétaire exécutif de la Fondation Solidarité des Hommes (FSH), détenu arbitrairement par l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) à Bukavu dans la province du Sud-Kivu.

 La FSH encadre 300 enfants ex soldats, de la rue et autres vulnérables garçons et filles à Bukavu, leur offre une formation professionnelle dans plusieurs filières de métier et une prise en charge transitoire par l’hébergement au sein de son centre situé dans l’immeuble de l’ex société de l’Etat Sominki depuis plusieurs années.

A la suite de troubles de jouissances que la FSH subissait, précise l’ACAJ dans son alerte, « Fernando NKANA a supervisé le 26 janvier 2016 l’envoi d’un mémorandum, signé par ces enfants, au Président de la République dénonçant la décision de les déguerpir du  bâtiment qui abrite leurs activités, au profit d’un particulier, prise par les autorités de Bukavu ».

Depuis le 09 février 2016, poursuit – t – elle, Fernando NKANA est enlevé et détenu au secret par trois agents de l’ANR dont l’un est identifié sous le sobriquet de « Chef de division Nsaraza » pour le contraindre à libérer volontairement l’immeuble que la FSH occupe.

« Toutes les démarches effectuées par les membres de sa famille et son Conseil auprès des responsables de l’ANR/Bukavu pour lui rendre visite n’ont pas abouti. Ils craignent sérieusement qu’il fasse l’objet de torture et mauvais traitements », alerte l’ACAJ.

Parmi les actions urgentes de l’ACAJ dans ce dossier, il est demandé au Gouvernement de garantir à Fernando NKANA la protection de son intégrité physique, morale et psychologique et de le faire libérer immédiatement et sans condition.

Aussi, préconise – t – elle, une enquête judiciaire indépendante et impartiale pour identifier les auteurs de ces faits et les poursuivre en justice. Le Gouvernement devrait ainsi prendre des dispositions qui s’imposent pour s’assurer que ce genre des violations ne puisse plus se répéter.

Cette alerte est adressée au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministre de la Justice et des Droits humains, au Procureur de la République, à la Mission permanente de la RDC auprès de Nations Unies ainsi qu’à l’Ambassade de la RDC à Bruxelles.

SYC

RDC : Oscar RASHIDI, victime des menaces d’arrestation arbitraire de l’ANR/Haut-Katanga

(Kinshasa, le 06 janvier 2016) – Dans une lettre officielle, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) invite les autorités congolaises à intervenir urgemment en faveur du syndicaliste Oscar RASHIDI AKIDA de la SNCC, victime des menaces d’arrestation lui proférées par le Directeur Provincial de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) de Haut/Katanga à Lubumbashi.

Oscar RASHIDI AKIDA, membre du syndicat CORES et Président de la Ligue Contre la Corruption et la fraude, LICOF en sigle est accusé à tort par d’avoir incité les agents à faire la grève au sein de la SNCC.

Selon les informations recoupées par l’ACAJ, cette grève résulte du mécontentement des agents qui accusent leurs dirigeants syndicaux de les avoir abandonnés à leur triste sort en se faisant corrompre à Kinshasa où ils se trouvent depuis 3 mois, et ce pendant que le reste du personnel demeure impayé depuis plusieurs mois.

« Ces travailleurs excédés chargent aussi le Comité de gestion actuel de la SNCC de n’avoir payé que deux mois de salaires durant toute l’année 2015. Ils revendiquent, par voie de conséquence, le limogeage pur et simple des délégués syndicaux qu’ils estiment corrompus et des dirigeants du comité de gestion inefficaces à leurs yeux », rapporte la lettre d’appel urgent de l’ACAJ.

RECIT DES FAITS

Le dimanche 3 janvier 2016, autour de midi, M. Oscar RASHIDI AKIDA qui se trouvait au terrain de tennis de la SNCC a eu un coup de téléphone de M. Victor UMBA, Président de la délégation syndicale de la SNCC, lui demandant s’il n’était pas en train de tenir une réunion au camp de la SNCC, à la commune de Ruashi, en vue d’inciter les travailleurs à faire la grève.

A la réponse négative lui donnée, M. UMBA avisera le conseiller de l’ADG de la SNCC, M. KINGOMBE, qui arrivera sur place pour vérifier les faits. Devant témoins, celui-ci s’indignera de la méchanceté des gens qui avaient répandu de faux bruits contre M. Oscar RASHIDI tout en le priant de le rejoindre immédiatement au centre de santé Baraka de la Commune Katuba où il se rendait visiter un parent malade.

Là, il prie M. RASHIDI de conscientiser les travailleurs à ne pas aller en grève, démarche dont ce dernier ne comprendra ni les tenants, ni les aboutissants, car s’estimant lui-même totalement en dehors du mouvement de grève. Les deux hommes se séparent sans compromis réel vers 21 heures.

MENACES ARBITRAIRES

A l’étonnement de la victime, c’est le directeur provincial (REDOC) de l’ANR/Haut-Katanga qui appellera M. RASHIDI la nuit du 05 au 06 janvier 2016 à 21 heures 5, avec son numéro airtel + 243 998189526 pour lui dire que : « tu es fiché comme étant de ceux qui cherchent à déstabiliser le pouvoir en faisant cesser le travail à la SNCC, société où le gouvernement a investi beaucoup d’argent. Nous allons te chercher partout pour t’arrêter et te transférer à Kinshasa comme les autres ».

Et c’est en vain que M. RASHIDI tentera de lui donner sa version de faits en lui disant qu’il n’exerce pour le moment aucun mandat syndical pour prétendre inciter les travailleurs à la grève.

Cependant, le REDOC ajoutera : « je sais que tu es très populaire et peux fomenter cette grève même à distance. Voilà pourquoi il faut t’arrêter et te transférer à Kinshasa comme les autres personnes trouvées dangereuses par le régime politique de Kinshasa ».

Immédiatement après, précise ACAJ, c’est M. KINGOMBE qui appellera par le numéro +243 99109123 pour dire à M. RASHIDI que : « Tu risques de mourir et ce sont tes enfants qui vont perdre ». Et M. RASHIDI de lui répondre qu’il s’agit là d’une menace de mort, qu’il va porter sur la place publique.

Au demeurant, l’ACAJ appelle le gouvernement à faire respecter l’exercice de la liberté syndicale à la SNCC, à garantir à M. Oscar RASHIDI AKIDA la protection de son intégrité physique, morale et psychologique et à faire mener une enquête judiciaire indépendante et impartiale pour identifier les auteurs et complices de ces menaces et les poursuivre en justice.

Il devrait également prendre des dispositions qui s’imposent afin de s’assurer que ce genre des violations ne puisse plus se répéter, précise ACAJ.

Cette lettre a été adressée notamment au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministre de la Justice et des Droits Humains et au Procureur Général de la République.

SYC.

Ci – Joint : APPEL URGENT DE L’ACAJ

RDC : Le CNRJ appelle à la protection des humanitaires contre le kidnapping à Walikale et Masisi

(Goma, le 05 Janvier 2016) – L’ONG Cercle National de Réflexion sur la Jeunesse, CNRJ RDC constate avec regret que les humanitaires et leurs biens sont devenus la cible des enlèvements perpétrés contre eux par des personnes identifiées comme non autrement identifiés dans la région de Masisi et Walikale. Ce phénomène a pour conséquence directe : la suspension d’aide humanitaire au détriment des populations civiles sous le joug de la vulnérabilité causé par les guerres en répétition dans leur Région.

Le 30 octobre 2015 à Mubea, près de Kibua en territoire de Walikale, un convoi de l’ONG Internationale CONCERN avait été ciblé, puis le personnel à bord d’un véhicule de l’ONG avait été forcément conduit dans la brousse, une situation similaire à celle la s’est déroulée le 15 décembre 2015 sur la route entre Kitshanga et Mweso en territoire de Masisi, Où un convoi de l’ONG Internationale MSF/Hollande était ciblé, également les agents de MSF à bord du véhicule humanitaire avaient été forcés d’aller en brousse avec les ravisseurs pendant plus de 24h.

Ce phénomène à occasionné la suspension des aides humanitaires dont les populations étaient bénéficiaires. Les populations en situation humanitaire alarmante ont perdu tout espoir de vivre. Un habitant de Kibua avait précisé au CNRJ RDC ceci: ” Nous vivons dans une pauvreté criante, car les guerres n’ont pas permi à ce que nous puissions nous développer, souvent nous sommes en errance, nous n’avons jamais bénéficié d’aucune assistance de notre gouvernement, et nous nous demandons d’ailleurs si notre gouvernement sait si nous existons… L’ONG CONCERN nous avait donnee d’espoir mais notre joie était d’une courte durée.

A Mweso dans le territoire de Masisi, les personnes qui ont rencontré le CNRJ RDC ont eu des propos presque identiques. Une femme cultivatrice avait des larmes aux yeux lorsqu’elle disait ceci au CNRJ : “MSF nous fournit gratuitement des soins de haute qualité, la suspension de son aide ici est un synonyme de notre disparition, car nous n’avons de moyens pouvant financer nos soins, MSF prenait en charge nos soins médicaux, nous regrettons énormément et nous appelons le gouvernement de supplier le MSF de revenir chez nous.

Le Gouvernement devrait assurer la sécurité des humanitaires dans la région de Masisi et Walikale en particulier et dans l’ensemble du territoire national en général. Le CNRJ appelle surtout aux groupes armés de respecter scrupuleusement et laisser libre passage les humanitaires et leurs biens.

Les autorités compétentes devraient diligenter une enquête afin d’établir des responsabilités pour que ces actes barbares et ignobles ne puissent pas demeurer dans l’impunité.

SYC

Ci – Joint : Communique de presse CNRJ