RDC : La coupure du signal de RFI à Kinshasa et à Bukavu est un acte illégal et arbitraire selon RSF et JED

(Kinshasa, le 17 février  2016) – Reporters sans frontières (RSF) et Journaliste en danger (JED), son organisation partenaire en République démocratique du Congo, sont profondément choqués par la nouvelle coupure brusque du  signal d’émission de la radio française RFI, intervenue mardi 16 février 2016, simultanément dans la capitale Kinshasa, et à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, à l’Est de la RDC.

« Les principaux partis de l’opposition avaient décrété une “journée ville morte” pour exiger le respect de la Constitution qui interdit au Président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat, le signal de RFI a été coupé dès les premières heures de la journée, et n’a pu être rétabli qu’en début de soirée », constatent ces deux structures.

Selon le Ministre de la Communication et des Médias, également porte-parole du gouvernement, il s’agissait d’une mesure conservatoire prise par les autorités locales pour empêcher ce média de « mettre de l’huile sur le feu ».

Reporters sans frontières et JED dénoncent un acte illégal et arbitraire qui traduit l’acharnement politique des autorités congolaises contre une radio internationale écoutée chaque jour par des millions de Congolais, et qui « dérange » par son indépendance.

Compte tenu de la récurrence de ces coupures de signal, et du contexte tendu dans lequel s’installe le processus électoral en RDC, Reporters sans frontières et JED demandent que tout soit mis en œuvre pour identifier les véritables donneurs d’ordre de cette grave atteinte à la liberté de l’information, afin que pareil acte ne puisse se reproduire.

Pour rappel, la RDC est classée 150ème pays sur 180 au Classement sur la liberté de la presse établi par RSF en 2015.

SYC 

Ci – Joint : Alerte, RSF et JED demandent une enquête sur la coupure du signal de RFI à Kinshasa et à Bukavu

RDC : Ville morte, au moins 8 activistes de la LUCHA arrêtés à Kinshasa et Goma

ALERTE !!!

(16 Février 2016) – Heritier Kapitene et Bienvenu Matumo à Kinshasa. Rebecca Kavugho, Serge Sivya, Kambale Justin, John Anipenda, Melka Kamundu et Ghislain Muhiwa à Goma. Tous auraient été arrêtés tôt le matin ce 16 février 2016.  

A Kinshasa, la Lutte pour le Changement (LUCHA) signale l’enlèvement de Bienvenu Matumo, l’un de ses militants. Ce denier, l’aurait indiqué à travers un message envoyé à un de ses amis à 05h40 en un seul mot : « arrêté ». Et il est injoignable jusqu’à présent tout comme Heritier Kapitene avec qui, ils s’étaient retranché dans un petit hôtel dans la commune de Bandalungwa après avoir su qu’ils étaient poursuivis.

A Goma, apprend – t – on, c’est vers 4 heures de ce matin du 16 février 2016 que les éléments de la Police ont arrêté un groupe d’activistes de la LUCHA à un bureau d’une ONG locale dans les parages de Katindo. Rebecca Kavugho, Serge Sivyavugha, Kambale Mutsongo Justin, John Anipenda,  Melka Kamundu et Ghislain Muhiwa sont maintenant détenus au cachot de la police (P2) à Goma.

SYC

RDC : La VSV exige un procès juste pour trois étudiants poursuivis pour « Offense au Chef de l’Etat »

(Kinshasa, le 13 janvier 2016) – La Voix des Sans Voix pour les Droits l’Homme (VSV) dénonce l’acharnement contre trois (3) étudiants de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) enlevés, samedi 28 mars 2015, sur leur site universitaire par des agents de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) pour des motifs manifestement politiques et placés en détention pendant plus de neuf (9) mois au Département Sécurité Intérieure (DSI) sis avenue Roi Baudouin (ex Trois Z) à Kinshasa/Gombe en face de la Primature.

Messieurs BUKURU NAMULINDA Joël (Ière Licence, faculté de Droit), BAGOMISA NZINGA Jirès (IIIème Graduat, faculté des Sciences Sociales/Relations Internationales) et NGUWA WOSOSA Léon (IIIème Graduat, faculté d’Economie) sont poursuivit pour « Offense au Chef de l’Etat », rapporte la VSV dans un communiqué officiel.

Le Tribunal de Paix de Kinshasa/Matete qui s’est saisi du dossier a fixé la première audience, vendredi 08 janvier 2016 dernier. Cependant, constate la VSV, « pour défaut de composition, le Tribunal de Paix de Kinshasa/Matete a renvoyé son audience à vendredi 15 janvier 2016 au moment où les étudiants attendent impatiemment leur libération pure et simple en vue de poursuivre leurs études ».

Exigeant un procès juste et équitable, la VSV plaide pour un dédommagement conséquent de trois victimes pour les préjudices subis.

Quant aux conditions de détention, le communiqué décrit que : « les trois victimes avaient été placées dans trois cellules distinctes aux conditions inhumaines notamment dormir à même le sol ; une seule toilette pour des dizaines des personnes ; le port de mêmes habits pendant plusieurs mois ; le régime d’interdiction des visites des membres de famille, des avocats et défenseurs des droits humains, la nourriture très insuffisante, etc. »

A en croire les informations de la VSV, pendant leurs auditions au secret à l’ANR, il a été reproché aux trois victimes d’avoir commis l’infraction « d’offense au Chef de l’Etat » alors qu’il leur aurait été reproché sur le site universitaire, entre autres, leur  appartenance au parti politique de l’opposition « Union pour la Nation Congolaise (UNC) », la conception et la distribution des tracts exigeant la justice en faveur de monsieur Vital Kamerhe, président dudit parti dans le procès l’opposant à madame Wivine Moleka.

Cet état de choses conforte la VSV à exiger d’un ton ferme, le respect du délai de 48 heures de garde à vue par l’ANR conformément à l’alinéa 2 de l’article 18 de la Constitution de la République Démocratique du Congo qui dispose que « la garde à vue ne peut excéder quarante-huit heures. A l’expiration de ce délai, la personne gardée à vue doit être relâchée ou mise à la disposition de l’autorité judiciaire compétente ».

Aussi, plaide – t – elle pour la fermeture, en République Démocratique du Congo, de tous les cachots parallèles ne dépendant pas de parquets.

SYC

Ci – Joint : LE COMMUNIQUE DE PRESSE VSV N°001