RDC : Pax-Dei et Filimbi appellent au respect de la liberté de manifestation en Ituri

(Bunia, le 14 Avril 2017) – L’ONGDH Pax-Dei et le mouvement citoyen Filimbi appellent les autorités politico-administratives de l’Ituri au respect la liberté de manifestation conformément à l’article 26 de la Constitution.

Dans un communiqué conjoint, Pax-dei  et Filimbi de l’Ituri affirment avoir appris avec regret l’interdiction de la marche pacifique du parti politique de l’opposition G7 de l’Ituri par Monsieur Ferdinand FIMBO, le Maire intérimaire de Bunia.

Ils déplorent le fait qu’en dépit de l’information donnée, par sa correspondance du 07 Avril 2017, aux autorités compétentes pour la tenue de la marche pacifique devant exiger l’application de l’accord de Saint  sylvestre par le Président Joseph KABILA  KABANGE, le Rassemblement s’est vu se refusé de jouir ses droits civiques et patriotiques tels que consacrés par la Constitution dans ses articles 25 et 26.

Pax Dei et Filimbi considèrent que ces violations de droits civiques et politiques des membres des partis de l’opposition n’est pas une première de la série.

Ils rappellent aux autorités politico-administratives que nul n’a le droit de violer la Constitution de la République qui consacre le droit fondamental garanti aux citoyens congolais.

SYC

RDC : La VSV plaide pour des mesures idoines contre les affrontements interethniques en vue dans le Kasai et Lomami

(Kinshasa, le 13 avril 2017) – La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) est vivement préoccupée par l’imminence des affrontements interethniques dans les provinces du Kasaï et de la Lomami entre  les Pende et les Tshokwe contre les Luba et les lulua  d’une part, entre les Kanyoka  contre les Kete d’autre part, et ce, en marge du phénomène Kamuina Nsapu.

En effet, selon les informations alarmantes parvenues à la VSV, ces conflits seraient entretenus dans la province du Kasaï par certaines autorités de la contrée dont le Maire de la ville de Tshikapa, monsieur Laurent KAMBULU MPUTU (de l’ethnie Tshokwe) et l’ex Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel, monsieur Maker MWANGU (de l’ethnie Pende) qui auraient distribué des armes à feu avec munitions et des armes blanches dont des machettes aux Tshokwe en vue de faire la chasse aux kasaïens Luba et Lulua.

La même source indique que les conflits entre les ethnies précitées ont déjà occasionné depuis le début du mois d’avril des dizaines des morts dans le territoire de Kamonia du côté des ethnies luba et lulua et plusieurs maisons leur appartenant ont été incendiées. De nombreuses familles qui ont tenté de se mettre à l’abri lors de la vraie chasse à l’homme en se dirigeant vers Tshikapa se sont retrouvées en brousses où elles ont perdu les traces de leurs enfants en débandade entre le tronçon Tshikapa et Kamonia.

Toutes les brousses frontalières entre les rivières Mungamba et Lova sont parsemés des hommes Pende munis des armes de guerre pour faire la chasse aux luba et lulua. Les Pende auraient déclaré avoir reçu lesdites armes et munitions de la part de messieurs MBINGO NVULA, Vice-Gouverneur (de l’ethnie Pende) et Maker MWANGU avec la mission d’exterminer tous les Kasaïens Luba et Lulua. Les autorités précitées auraient tenu plusieurs réunions au cours desquelles elles s’en prenaient souvent aux luba et lulua.

La VSV craint que ces derniers qui en ont déjà marre puissent à leur tour s’attaquer aux autres ethnies qui les persécutent pour se défendre car, disent-ils, ils n’ont rien à faire avec les Kamuina Nsapu qualifiés de Luba comme eux.

« C’est ici l’occasion pour la VSV de fustiger l’instrumentalisation par certains notables et autorités de la province du Kasaï des militaires des Forces Armées de la RDCongo (FARDC) et des éléments de la Police Nationale Congolaise (PNC)  qui, en lieu en place de protéger sans discrimination toute la population de cette partie du Kasaï se rangeraient du côté des tshokwe qui persécutent et tuent les luba et les lulua », indique le communqiué.

Sur un autre registre, il sied de souligner les menaces qui pèsent, dans la province de la Lomami, sur les Kete accusés à tort par les Kanyoka d’être de non originaires de la contrée comme les Kamuina Nsapu ayant récemment attaqué la ville de Mwene-Ditu. Les kete sont sommés par les Kanyoka de quitter la ville de Mwene-Ditu et de rentrer chez eux.

Tout en appelant à la bonne foi de toutes et de tous d’œuvrer en faveur de l’unité et de la concorde nationale, la VSV exige des autorités congolaises :

« Prendre des mesures idoines pour éviter  les affrontements entre les ethnies précitées en vue de  sécuriser indistinctement et sans discrimination la population des provinces du Kasaï et de la Lomami ; Interpeler toutes les autorités locales citées par les victimes comme auteurs et commanditaires de ces violations graves des droits de l’homme en vue de les sanctionner sévèrement et conformément à la loi ; Restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo afin de mieux sécuriser et protéger les personnes et leurs biens ».

SYC

RDC : Le respect intégral de l’accord du 31 décembre est la seule solution à la crise multiforme

(Kinshasa, le 06 avril 2017) – La Coalition de 33 ONG pour le respect de la Constitution (CRC) a suivi avec intérêt le discours du Président de la République sur l’état de la Nation fait le 05 avril 2017 devant le Parlement réuni en congrès.

En ce temps où tous les animateurs de toutes les institutions de la République ont dépassé la durée de leur mandat à savoir le Président de la République, les parlementaires, les gouverneurs et vice-gouverneurs et députés provinciaux, sans parler des animateurs des entités décentralisées qui n’ont jamais été désignés conformément à la Constitution et aux différentes lois de mise en œuvre de la décentralisation, la Coalition de 33 ONG est d’accord avec le Chef de l’Etat pour mettre les élections et le calendrier électoral au cœur de la revitalisation de la vie politique de la République Démocratique du Congo (RDC).

Cependant, il est important de rappeler que l’Accord du 31 décembre 2016, conclu sous les bons offices de la CENCO, reste le seul cadre consensuel et conventionnel accepté par tous les acteurs politiques et sociaux internes et par le Conseil de Sécurité des Nations Unies à travers sa résolution 2348 du 30 mars 2017, pour conduire la RDC aux élections crédibles et inclusives. Ces élections doivent déboucher, dans le calme et en temps voulu, sur la passation pacifique du pouvoir conformément à la Constitution et aux attentes légitimes du peuple congolais.

L’accord du 31 décembre 2016, fondement de légitimité contextuelle des institutions pendant la période préélectorale, a été signé sans réserve par toutes les parties prenantes et doit être exécuté de bonne foi conformément à son point II.5.

Les 33ONG ont malheureusement noté dans le discours du Chef de l’Etat un éloignement inquiétant quand à la lettre et à l’esprit de cet accord en ce qui concerne les points relatifs à la désignation du Premier Ministre et le Président du Conseil National de Suivi de l’Accord et processus électoral (CNSA). En effet la disposition III.3.3 de l’accord du 31/12/2016 prévoit que seul le Rassemblement est habilité à présenter le candidat Premier Ministre pour nomination. Il n’est pas indiqué que le Chef de l’Etat, garant de la légalité, puisse aller au delà en s’immisçant dans les « querelles intestines » de ce regroupement qui du reste sont créées et entretenues par des personnes malveillantes.

Pour les 33 ONG, il n’y a qu’une seule délégation du Rassemblement qui a participé au dialogue de la CENCO, avec un seul de délégation, et par conséquent c’est avec lui seul que le Chef de l’Etat devra avoir de consultations sur la question de nomination du Premier Ministre.  Elles désapprouvent l’approche qui vise le dédoublement, la fragmentation ou la destruction du Rassemblement et de ses composantes. Car elle contribue au pourrissement et à l’aggravation de la crise multiforme. C’est une perte de temps pour le peuple congolais!

S’agissant la désignation du Président du CNSA, les 33 ONG demandent au Chef de l’Etat de revenir tout simplement à l’accord qui dispose à son point VI. 2. 2 troisième alinéa que : « Le CNSA sera présidé par le Président du Conseil de sages du Rassemblement ». Il n’est nullement écrit que cette désignation se fasse après une consultation des autres parties prenantes ni après l’élaboration de la loi organique portant son organisation et son fonctionnement.

Pour les 33 ONG, la solution à la crise multiforme actuelle passe par :

  1. Le respect de la Constitution et des engagements pris par les parties prenantes dans l’accord du 31/12/2016 notamment de n’entreprendre ni soutenir aucune initiative de révision et changement de la Constitution (points II.1 à II.4 de l’accord du 31/12/2016) et particulièrement de la mise en œuvre de toutes les mesures de décrispation politique notammentl’abandon de poursuites judiciaires à caractère politiqueà l’égard notamment de MM. Moïse KATUMBI et du député Gabriel KYUNGU wa KUMWANZAet de la libération de MM. Eugène DIOMI NDONGALA, Bâtonnier Jean-Claude MUYAMBO et de douze proches de Moïse Katumbià la prison de Makala; Norbert LUYEYE et ses sept proches, à la prison de Ndolo; douze opposants dont Madame Astrid Sephora BIDUAYA (enceinte), à la prison de Munzenze à Goma; 142 amnistiés dont 114 à la prion de Ndolo et 28 à Makala; 6 séquestrés à l’ANR dont 4 membres de l’UNAFEC…
  1. Des pressions que la Communauté internationale devra augmenter sur le pouvoir de Kinshasa afin d’obtenir la mise en oeuvre intégrale et rapide de la résolution 2348 du Conseil de Sécurité des Nations Unies du 30 mars 2017.

Ainsi, les 33 ONG invitent :

  1. Le Président de la République,à mettre en œuvre l’Accord du 31 décembre 2016 dans toute son intégralité ;
  2. Les Parties signataires de l’Accord du 31 décembre 2016,à combattre farouchement la pratique de dédoublement des partis et regroupements politiques et autres antivaleurs ;
  3. Les acteurs politiques congolais,à faire preuve de sens de responsabilité et d’honneur requis dans une société démocratique, à avoir le souci de la souffrance du peuple congolais, à abandonner les pratiques de corruption et d’achat et de vente de conscience ;
  4. Les ONG de la société civile,à se rappeler le combat héroïque mené par nos prédécesseurs aux travaux de la Conférence Nationale Souveraine et Dialogue Inter-congolais à Sun City, d’être à coté de la population qui aspire au changement et lutter contre tentative d’instaurer une nouvelle dictature en RDC;
  5. Le peuple congolais,à s’approprier et défendre la Constitution et l’Accord politique du 31 décembre 2016, gage de la consolidation de la démocratie et du développement socio-économique en RDC ;
  6. La Communauté Internationale,d’envisager des sanctions individuelles et ciblées contre les personnes qui feront obstacle à l’application de l’Accord du 31 décembre 2016 et l’organisation des élections prévues à la fin de l’année 2017.