RDC : Recrudescence de l’insécurité dans la province du Haut – Katanga

Des vives inquiétudes sont exprimées au sujet de la recrudescence des cas d’insécurités et des attaques contre les paisibles citoyens perpétrées par des hommes armées et parfois portant des tenues de l’armée ou de la police nationale Congolaise dans certaines Communes de la Province du Haut Katanga sous la barbe des forces de sécurité. Trois ONGDH qui dénoncent ces faits, recommandent  au Conseil provincial de sécurité de prendre des mesures qui s’imposent pour que la population et ses biens soient sécurisés au lieu de s’acharner à interdire les manifestations pacifiques, pourtant garanties par la constitution.

A en croire le Centre des Droits de l’Homme et du Droit Humanitaire, CDH , en sigle ; la Ligue Contre la Fraude et la Corruption, LICOF , en sigle et JUSTICIA Asbl, il ne se passe plus un seul jour sans que des armesne puissent crépiter dans la ville de Lubumbashi causant mort d’hommes et perte des biens.

Des Faits

Ce 26/01/2016, vers 24 h00, une attaque a eu lieu dans la boite de nuit B52 située dans le quartier Kabulameshi, Commune Lubumbashi causant la mort du gérant deladite boite par balles et emportant plusieurs objets de valeur. Selon les témoignages recueillis sur place, précise le Communiqué Conjoint, les assaillants étaient vêtus de tenue de la police nationale Congolaise.

A cette même date vers 20 h 30, au niveau l’arrêt bus communément appelé Double poteaux, quartier Kalubwe, Commune de Lubumbashi, un conducteur de moto a reçu 4 balles dans les jambes, les bandits ont emportéainsi une somme d’argent.

Dans la Commune de la Ruashi sur l’avenue Colonel TSHATSHI numéro 522, un kiosque a été dévalisé aux à l’entour de 6h00 du matin. Les assaillants ont emmené avec eux une somme d’argent et des marchandises.

Dans la nuit du 23 au 24/01/2016 sur l’avenue Kolwezi coin Basanga au Quartier GCM dans la ville de Lubumbashi, un homme d’une trentaine d’année a été poignardé par des hommes en uniforme, probablement des patrouilleurs et ont emporté plusieurs biens.

Si en début du mois de janvier 2016, un enfant âgé d’environ 10 ans a été tué par balle pour avoir reconnu un des bandits qui avaient dévalisé leur maison, dans la nuit du 24 au 25 décembre 2015, un corps sans vie, égorgé a été retrouvé sur l’avenue Manguier au Quartier Bel air, Commune Kampemba, avec des douilles des balles à proximité du lieu du crime.

Pas de réaction appropriée

Selon le Communiqué Conjoint, ces cas d’insécurité contre les paisibles populations civile sont nombreux, alors que les forces des sécurités fortement déployées dans la ville de Lubumbashi et ses environs et disposant des moyens de réaction rapide parmi les plus efficaces assistent la population en toute impuissance.

« Chose surprenante est que ces forces ne sont , en effet capables que de réprimer les personnes ou les membres des partis politiques qui tentent d’organiser des manifestations pacifiques ou ceux qui répondent au mot d’ordre de prière pour la Nation en vue de l’organisation des élections dans le délai constitutionnel lancé par l’ancien Gouverneur de la province du Katanga, Monsieur Moise KATUMBI CHAPWE », peut – on lire.

La forte militarisation de la ville de Lubumbashi obéit à l’impératif de la répression de tout groupe d’individus opposé au 3eme mandat du chef de l’Etat dont le terme constitutionnel en fin novembre 2016.

Pendant ce même temps, une psychose d’insécurité généralisée est alimentée dans la ville de Lubumbashi par cette présence militaire remarquable et par des déclarations inopportunes de l’autorité publique interdisant tout rassemblement publique en violation des prescrits des articles  25 et 26 de la constitution et 18 de la déclaration universelle des droits de l’homme.

Le Centre des Droits de l’Homme et du Droit Humanitaire, CDH , en sigle, la Ligue Contre la Fraude et la Corruption, LICOF , en sigle et JUSTICIA Asbl rappellent que les pouvoirs publics ont l’obligation d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens et l’article 3 de la Déclaration Universelle des droits de l’homme stipule avec raison : « Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sureté de sa personne. » 

SYC

Ci – Joint : COMMUNIQUE DE PRESSE CONJOINT

RDC : Un procès de Génocide buté au manque de moyens financiers et logistiques

L’ASADHO et JUSTICIA asbl s’inquiètent du manque des moyens financiers et logistiques des autorités judiciaires civiles de Lubumbashi qui ne leur a pas permis ou ne leur permettra pas d’approfondir les investigations et mieux organiser ce procès conformément aux standards requis en matières des crimes de la compétence de la Cour pénale internationale. Le procès porte sur les 34 pygmées et bantous poursuivis pour crimes contre l’humanité et crimes de génocide perpétrés réciproquement par les milices de ces deux communautés entre juillet et août 2014 dans les territoires de Manono et Kabalo (province du Tanganyika).

Dans un communiqué conjoint, ces deux ONGDH demandent au gouvernement de mettre, de manière permanente, des moyens logistiques et financiers à la disposition des Parquets Généraux et Cours d’Appel pour la répression des crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crime de génocide. Aussi lui recommandent – t – ils, la mise en place d’un fonds public en vue de dédommager les victimes des crimes graves en RD Congo.

Lors de la huitième audience de ce procès du 30 novembre 2015, la Cour d’Appel, face à la non – comparution de certains témoins à charge et à décharge qui sont à Manono et à Kabalo du fait des difficultés logistiques du Greffier de notifier les exploits judiciaires aux concernés, a renvoyé l’affaire au 11 janvier 2015.

Les deux organisations rappellent qu’à la septième audience du 26 octobre 2015 à Lubumbashi, la Cour d’Appel, après avoir poursuivi avec l’instruction de l’affaire en interrogeant 23 prévenus sur les circonstances de leur arrestation à Manono et à Kabalo, avait renvoyé l’affaire au 30 novembre 2015 en vue de donner suffisamment du temps, d’une part, au Greffier pour signifier les notifications aux témoins, et d’autre part, aux avocats des victimes de rencontrer les victimes qui sont à Manono (situé 750 km de Lubumbashi) et à Kabalo (situé à 900 km de Lubumbashi).

Ces ONGDH qui suivent de près le déroulement de ce procès constatent que de nombreux chefs de guerre de ces milices ethniques ainsi que de nombreuses autres personnes impliquées dans ces crimes graves n’ont jamais été arrêtées et circulent librement à Kalemie, Nyunzu, Kabalo et Manono.

De même que la plupart des victimes de ces exactions habitant dans le Tanganyika, ne participent pas à ce procès, et de nombreux témoins à charge et à décharge auront du mal à y participer.

L’ASADHO et JUSTICIA asbl tirent la sonnette d’alarme sur l’importance que revêt cette affaire judiciaire. Elles déplorent les nombreux crimes graves impunis commis par les milices pygmées et bantous depuis le début de 2013, ainsi que le manque des moyens que connaissent la Cour d’Appel, le Parquet Général, les avocats commis d’office pour assister les victimes et prévenus.

Tout en se félicitant de l’organisation de ce procès qui aura le mérite de contribuer à lutter contre l’impunité dans le Tanganyika à la suite des violences interethniques, elles demandent au gouvernement d’appuyer la justice civile des moyens conséquents pour aboutir à une meilleure administration de la justice et un procès juste et équitable relatif aux crimes contre l’humanité et génocide.

SYC

Ci – Joint :

Le Communiqué sur le Procès des 34 pygmées et bantous poursuivis pour crimes contre l’humanité

L’Honorable Dany Banza interpellé a l’ANR de Lubumbashi

Dany Banza

JUSTICIA Asbl exprime ses vives préoccupations au sujet de l’interdiction d’une réunion politique que projetait d’organiser le parti politique de l’honorable Dany BANZA dans la ville de Likasi, située à 120 km de la ville de Lubumbashi dans la province du Haut Katanga et de son interpellation dans les bureaux de l’Agence Nationale de renseignements de Lubumbashi ce mardi 27 octobre 2015 pendant près de 4 heures. Son parti politique aurait même obtenu un avis favorable de la part des autorités urbaines de Likasi qui ont été préalablement informées de la tenue de ladite manifestation.

En effet, l’Honorable Dany BANZA MALOBA est député national et Président du Parti politique l’Avenir du Congo, ACO en sigle, une des formations politiques membres du Groupe de 7 ayant été éjectée de la Majorité présidentielle au mois de septembre 2015, pour avoir adressé au Président de la République une correspondance dans laquelle ces partis l’invitaient au respect strict de la constitution spécialement en ce qui concerne l’organisation des élections selon les échéances qu’elle prescrit.

Depuis la publication de cette lettre ouverte, l’Honorable député national Dany BANZA MALOBA n’a cessé de recevoir des messages ainsi que des appels anonymes le menaçant de mort pour avoir pris l’initiative d’adresser cette missive au Chef de l’Etat. Des membres de sa famille biologique ainsi que toute personnalité ayant des relations avec lui n’ont pas été du reste. C’est dans ce sens que le lundi 21 septembre 2015, des sujets de nationalité chinoise (hommes et femmes) travaillant au sein de l’entreprise Métal mine dont Monsieur Dany BANZA n’est plus coactionnaire, ont été arrêtés et détenus à l’Agence Nationale des Renseignements de la ville de Likasi. Et dans les mêmes circonstances leurs camions avaient été bloqués. Ils ont été interrogés sur leur relation avec l’honorable Dany BANZA MALOBA et n’ont dû être relâché qu’après paiement des fortes amendes. Le jeudi 17septembre 2015, deux policiers commis à la garde de sa résidence ont été arrêtés, l’un de deux est porté disparu jusqu’à ces jours alors que le deuxième n’a été libéré que 3 jours après. Son collaborateur de Likasi a été arrêté à l’ANR Likasi, puis relâché. Quelques jours plus tard, les sujets chinois ont été contraints par les responsables de l’ANR d’apporter un démenti pour les arrestations dont ils ont été victimes.

JUSTICIA Asbl déplore que l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) se plaise à restreindre les libertés publiques en violation de la constitution, si bien qu’aucune raison ne le justifie.

Elle demande au Président de la République de garantir à tous les citoyens congolais une jouissance des droits garantis par la constitution, en ce compris les libertés de manifestation pacifique et de réunion.

JUSTICIA Asbl appelle que l’ANR outrepasse ses attributions en toute impunité alors que la gestion des questions de manifestation publique relève de la police et des autorités administratives.

Elle recommande aux partis politique et associations de ne pas obéir à tout ordre manifestement illégal comme le prescrit la constitution.

 

Lubumbashi, le 27 octobre 2015

 

Justicia est une organisation congolaise de promotion et de défense des droits de l’homme et du droit international humanitaire, adresse : 410, avenue Likasi coin Kapenda en face du grand Labo, Commune Lubumbashi, Katanga /RDC, Tél : 0814709184 et 08180504888, E-mail :justicia.asbl@gmail.com, Site web : www.justiciahumanrigths.org