RDC : Un journaliste interpellé lors d’une manifestation de l’opposition à Lubumbashi

(Kinshasa, le 20 Janvier 2016) – Lucien Kahozi, correspondant de France Presse et de la Voix de l’Amérique à Lubumbashi, a été mis aux arrêts et détenu pendant plus ou moins une heure, mardi 19 janvier 2016, dans les installations des services spéciaux de la police de Lubumbashi. Journaliste en Danger (JED) élève une vigoureuse protestation contre cet acte de censure imposé au journaliste par les forces de l’ordre. Une véritable atteinte à la liberté de la presse.

Journaliste en Danger (JED) condamne avec la plus grande fermeté l’interpellation, par les services spéciaux de la police, à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga (Sud-Est de la RDC), d’un journaliste – correspondant de la presse internationale, venu couvrir une manifestation de l’opposition qui commémorait les martyrs de la manifestation populaire contre un projet de loi électorale susceptible, selon l’opposition, de prolonger le mandat du Président Joseph Kabila.

Le journaliste a été arrêté au moment où il s’était rendu à la place Moïse Tshombe couvrir une manifestation organisée, dans le cadre de la commémoration des martyrs du soulèvement populaire de janvier 2015, par MM. Gabriel Kyungu wa Kumwanza et Charles Mwando Nsimba, membres du groupe de sept partis politiques qui ont fait dissidence dans la majorité présidentielle. Le matériel de travail de Lucien Kahozi a été momentanément confisqué avant de le conduire dans les installations de la police où il a été gardé pendant plus ou moins une heure.

JED considère cet agissement de la police comme révélateur d’un état d’esprit hostile à la liberté de la presse, et demande avec insistance aux autorités du pays de s’impliquer activement pour pacifier les esprits en faisant cesser toutes les formes d’harcèlements, de censures et de pressions exercées sur les journalistes et les médias.

SYC

Ci – Joint : L’Alerte de Journaliste En Danger

RDC : Oscar RASHIDI, victime des menaces d’arrestation arbitraire de l’ANR/Haut-Katanga

(Kinshasa, le 06 janvier 2016) – Dans une lettre officielle, l’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) invite les autorités congolaises à intervenir urgemment en faveur du syndicaliste Oscar RASHIDI AKIDA de la SNCC, victime des menaces d’arrestation lui proférées par le Directeur Provincial de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) de Haut/Katanga à Lubumbashi.

Oscar RASHIDI AKIDA, membre du syndicat CORES et Président de la Ligue Contre la Corruption et la fraude, LICOF en sigle est accusé à tort par d’avoir incité les agents à faire la grève au sein de la SNCC.

Selon les informations recoupées par l’ACAJ, cette grève résulte du mécontentement des agents qui accusent leurs dirigeants syndicaux de les avoir abandonnés à leur triste sort en se faisant corrompre à Kinshasa où ils se trouvent depuis 3 mois, et ce pendant que le reste du personnel demeure impayé depuis plusieurs mois.

« Ces travailleurs excédés chargent aussi le Comité de gestion actuel de la SNCC de n’avoir payé que deux mois de salaires durant toute l’année 2015. Ils revendiquent, par voie de conséquence, le limogeage pur et simple des délégués syndicaux qu’ils estiment corrompus et des dirigeants du comité de gestion inefficaces à leurs yeux », rapporte la lettre d’appel urgent de l’ACAJ.

RECIT DES FAITS

Le dimanche 3 janvier 2016, autour de midi, M. Oscar RASHIDI AKIDA qui se trouvait au terrain de tennis de la SNCC a eu un coup de téléphone de M. Victor UMBA, Président de la délégation syndicale de la SNCC, lui demandant s’il n’était pas en train de tenir une réunion au camp de la SNCC, à la commune de Ruashi, en vue d’inciter les travailleurs à faire la grève.

A la réponse négative lui donnée, M. UMBA avisera le conseiller de l’ADG de la SNCC, M. KINGOMBE, qui arrivera sur place pour vérifier les faits. Devant témoins, celui-ci s’indignera de la méchanceté des gens qui avaient répandu de faux bruits contre M. Oscar RASHIDI tout en le priant de le rejoindre immédiatement au centre de santé Baraka de la Commune Katuba où il se rendait visiter un parent malade.

Là, il prie M. RASHIDI de conscientiser les travailleurs à ne pas aller en grève, démarche dont ce dernier ne comprendra ni les tenants, ni les aboutissants, car s’estimant lui-même totalement en dehors du mouvement de grève. Les deux hommes se séparent sans compromis réel vers 21 heures.

MENACES ARBITRAIRES

A l’étonnement de la victime, c’est le directeur provincial (REDOC) de l’ANR/Haut-Katanga qui appellera M. RASHIDI la nuit du 05 au 06 janvier 2016 à 21 heures 5, avec son numéro airtel + 243 998189526 pour lui dire que : « tu es fiché comme étant de ceux qui cherchent à déstabiliser le pouvoir en faisant cesser le travail à la SNCC, société où le gouvernement a investi beaucoup d’argent. Nous allons te chercher partout pour t’arrêter et te transférer à Kinshasa comme les autres ».

Et c’est en vain que M. RASHIDI tentera de lui donner sa version de faits en lui disant qu’il n’exerce pour le moment aucun mandat syndical pour prétendre inciter les travailleurs à la grève.

Cependant, le REDOC ajoutera : « je sais que tu es très populaire et peux fomenter cette grève même à distance. Voilà pourquoi il faut t’arrêter et te transférer à Kinshasa comme les autres personnes trouvées dangereuses par le régime politique de Kinshasa ».

Immédiatement après, précise ACAJ, c’est M. KINGOMBE qui appellera par le numéro +243 99109123 pour dire à M. RASHIDI que : « Tu risques de mourir et ce sont tes enfants qui vont perdre ». Et M. RASHIDI de lui répondre qu’il s’agit là d’une menace de mort, qu’il va porter sur la place publique.

Au demeurant, l’ACAJ appelle le gouvernement à faire respecter l’exercice de la liberté syndicale à la SNCC, à garantir à M. Oscar RASHIDI AKIDA la protection de son intégrité physique, morale et psychologique et à faire mener une enquête judiciaire indépendante et impartiale pour identifier les auteurs et complices de ces menaces et les poursuivre en justice.

Il devrait également prendre des dispositions qui s’imposent afin de s’assurer que ce genre des violations ne puisse plus se répéter, précise ACAJ.

Cette lettre a été adressée notamment au Président de la République, au Premier Ministre, au Ministre de la Justice et des Droits Humains et au Procureur Général de la République.

SYC.

Ci – Joint : APPEL URGENT DE L’ACAJ

RDC : Un procès de Génocide buté au manque de moyens financiers et logistiques

L’ASADHO et JUSTICIA asbl s’inquiètent du manque des moyens financiers et logistiques des autorités judiciaires civiles de Lubumbashi qui ne leur a pas permis ou ne leur permettra pas d’approfondir les investigations et mieux organiser ce procès conformément aux standards requis en matières des crimes de la compétence de la Cour pénale internationale. Le procès porte sur les 34 pygmées et bantous poursuivis pour crimes contre l’humanité et crimes de génocide perpétrés réciproquement par les milices de ces deux communautés entre juillet et août 2014 dans les territoires de Manono et Kabalo (province du Tanganyika).

Dans un communiqué conjoint, ces deux ONGDH demandent au gouvernement de mettre, de manière permanente, des moyens logistiques et financiers à la disposition des Parquets Généraux et Cours d’Appel pour la répression des crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crime de génocide. Aussi lui recommandent – t – ils, la mise en place d’un fonds public en vue de dédommager les victimes des crimes graves en RD Congo.

Lors de la huitième audience de ce procès du 30 novembre 2015, la Cour d’Appel, face à la non – comparution de certains témoins à charge et à décharge qui sont à Manono et à Kabalo du fait des difficultés logistiques du Greffier de notifier les exploits judiciaires aux concernés, a renvoyé l’affaire au 11 janvier 2015.

Les deux organisations rappellent qu’à la septième audience du 26 octobre 2015 à Lubumbashi, la Cour d’Appel, après avoir poursuivi avec l’instruction de l’affaire en interrogeant 23 prévenus sur les circonstances de leur arrestation à Manono et à Kabalo, avait renvoyé l’affaire au 30 novembre 2015 en vue de donner suffisamment du temps, d’une part, au Greffier pour signifier les notifications aux témoins, et d’autre part, aux avocats des victimes de rencontrer les victimes qui sont à Manono (situé 750 km de Lubumbashi) et à Kabalo (situé à 900 km de Lubumbashi).

Ces ONGDH qui suivent de près le déroulement de ce procès constatent que de nombreux chefs de guerre de ces milices ethniques ainsi que de nombreuses autres personnes impliquées dans ces crimes graves n’ont jamais été arrêtées et circulent librement à Kalemie, Nyunzu, Kabalo et Manono.

De même que la plupart des victimes de ces exactions habitant dans le Tanganyika, ne participent pas à ce procès, et de nombreux témoins à charge et à décharge auront du mal à y participer.

L’ASADHO et JUSTICIA asbl tirent la sonnette d’alarme sur l’importance que revêt cette affaire judiciaire. Elles déplorent les nombreux crimes graves impunis commis par les milices pygmées et bantous depuis le début de 2013, ainsi que le manque des moyens que connaissent la Cour d’Appel, le Parquet Général, les avocats commis d’office pour assister les victimes et prévenus.

Tout en se félicitant de l’organisation de ce procès qui aura le mérite de contribuer à lutter contre l’impunité dans le Tanganyika à la suite des violences interethniques, elles demandent au gouvernement d’appuyer la justice civile des moyens conséquents pour aboutir à une meilleure administration de la justice et un procès juste et équitable relatif aux crimes contre l’humanité et génocide.

SYC

Ci – Joint :

Le Communiqué sur le Procès des 34 pygmées et bantous poursuivis pour crimes contre l’humanité